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Palmarès des écoles secondaires

Le tour de force d’une commission scolaire

Pierre-Paul Biron | Agence QMI

Une commission scolaire minée par un «problème de décrochage» et «des taux de réussite anémiques» a réussi à se prendre en main de telle façon que ses sept écoles secondaires font partie des établissements s’étant le plus améliorés au Québec, un véritable exploit.

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«Une école qui s’améliore, c’est sensationnel, mais quand c’est une commission scolaire entière, c’est un cas d’étude», lance sans détour Peter Cowley, auteur du Palmarès des écoles du Journal, produit par l’Institut Fraser.

La performance exceptionnelle de la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord (CSRDN), au nord de Montréal, a beau épater les experts, elle ne surprend pas ceux qui y travaillent.

 

 

Il y a une dizaine d’années, alors que le décrochage et les piètres résultats semaient l’inquiétude dans les écoles de Saint-Jérôme et des environs, la CSRDN a mis en place un virage pour favoriser la réussite de ses élèves.

Le Collège Sainte-Anne a fait le choix d’offrir les connaissances de base à ses élèves à travers des activités développant leurs compétences d’abord. «Parce que les connaissances, ils les trouvent aujourd’hui dans leur téléphone», explique Ugo Cavenaghi.

Le Collège Sainte-Anne a fait le choix d’offrir les connaissances de base à ses élèves à travers des activités développant leurs compétences d’abord. «Parce que les connaissances, ils les trouvent aujourd’hui dans leur téléphone», explique Ugo Cavenaghi.

Se prendre en main

En se basant sur ce qui se faisait en recherche dans les universités, la direction a instauré dans ses classes «l’enseignement efficace». «Nous avons pris conscience que nos taux de réussite étaient anémiques et que le décrochage était élevé. On avait une responsabilité là-dedans et il fallait se prendre en main en quelque sorte. C’était la fin du statu quo», admet le directeur général adjoint à la réussite, Sébastien Tardif, qui qualifie la refonte de créative.

Fini donc les exposés traditionnels de 75 minutes par des enseignants qui perdent des élèves en chemin. Dans les sept écoles de la CSRDN, les jeunes se plongent rapidement dans la mise en application des notions, accompagnés au départ par les enseignants, puis de façon autonome.

La méthode permet de garder les élèves attentifs et toujours en action, mais permet aussi de mieux diagnostiquer les problèmes puisqu’ils travaillent en classe plutôt que seuls à la maison. «On vérifie la compréhension tous les jours. On peut donc ajuster le tir et s’adapter plus vite à ce qui ne fonctionne pas», souligne la directrice adjointe de l’école Émilien-Frenette, Pauline Cyr.

Le suivi des élèves au quotidien est également assuré par les directions d’écoles, qui sont très impliquées dans le processus éducatif. «On réduit le travail administratif des directions pour leur permettre de redevenir le leader pédagogique qu’elles doivent être. On fait moins de choses, mais on les fait de façon systématique», explique Sébastien Tardif.

Le meilleur à venir

La Commission scolaire de la Rivière-du-Nord croit que les bons résultats observés au Palmarès de cette année ne sont que la «pointe de l’iceberg». Un nouveau programme de littératie et de numératie, instauré il y a quelques années au primaire, annonce des résultats prometteurs.

«Dans chaque école, ils débutent dès la maternelle et ça se poursuit par la suite. Les taux de réussite en lecture et en écriture au primaire ont fait un bond de géant en cinq ans», explique M. Tardif, précisant que les élèves qui ont fait leur parcours dans cette nouvelle structure sont actuellement en deuxième secondaire et que le tout est de bon augure. «On est en droit d’espérer que le meilleur est à venir.»

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