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Séisme de magnitude 7,3

Plus de 400 morts en Iran, les secours à la recherche de survivants

Siavosh Ghazi, avec Shwan Mohammad en Irak | AFP 

Des dizaines de milliers d'Iraniens, épargnés par le puissant séisme de dimanche soir, ont passé une deuxième nuit dehors, avant une journée de deuil national.

Lundi soir, alors que, selon les autorités, les opérations de sauvetage étaient pratiquement terminées, le bilan du tremblement de terre, d'une magnitude de 7,3, s'établissait toujours à au moins 421 morts et 7370 blessés, tous recensés dans la province occidentale de Kermanshah, limitrophe de l'Irak.

Fortement ressenti à Bagdad et dans de nombreuses provinces d'Irak, le bilan officiel du drame dans ce pays était de 8 morts et 336 blessés.

 

À l'approche du crépuscule, tandis que les secours iraniens s'activaient pour trouver d'éventuels survivants, les autorités faisaient face au défi d'abriter et de nourrir des dizaines de milliers de personnes contraintes de coucher dehors, dans la fraîcheur, pour une deuxième nuit d'affilée.

«Les besoins immédiats des gens, c'est d'abord des tentes, de l'eau et de la nourriture», a déclaré à la télévision d'État iranienne le général Mohammad Ali Jafari, chef des Gardiens de la révolution, l'armée d'élite de la République islamique, lors d'une visite dans les zones sinistrées.

«Les immeubles construits récemment (...) ont bien tenu, mais les anciennes maisons en terre ont été totalement détruites», a-t-il dit, ajoutant espérer que les opérations de déblaiement soient terminées avant la nuit.

Selon l'Institut de géophysique de l'Université de Téhéran, le séisme a été suivi par plus de 150 secousses, dont une vingtaine d'une magnitude supérieure à 4, avec un maximum de 4,7 sur l'échelle de Richter.

Les tremblements de terre sont fréquents en Iran. Le séisme de décembre 2003 (31 000 morts), qui avait anéanti la ville historique de Bam (sud), et celui de juin 1990 – 40 000 morts dans le nord du pays - restent profondément gravés dans la mémoire collective.

L'AFP, comme d'autres médias étrangers, n'a pas reçu l'autorisation de se rendre sur les lieux de la catastrophe lundi.

Les vidéos ou photos diffusées par les médias iraniens montrent plusieurs ensembles d'immeubles d'habitation de construction récente ayant plutôt bien résisté. En revanche, les maisons basses ont subi d'importants dégâts.

 

L'épicentre du tremblement de terre a été localisé tout près de la frontière irakienne, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Sar-e Pol-e Zahab, la ville la plus touchée par le sinistre, avec 280 morts.

Une femme et un nourrisson ont été sortis vivants lundi matin des décombres dans cette ville de 85 000 habitants, où l'hôpital et la moitié des écoles du comté ont été endommagés, ont rapporté plusieurs médias iraniens.

Dans le comté voisin de Dalahoo, nombre de villages ont été détruits à 100%, selon le préfet cité par l'agence de presse Tasnim.

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a ordonné au gouvernement et aux forces armées de mobiliser «tous leurs moyens» pour aider la population.

Des centaines d'ambulances et des dizaines d'hélicoptères de l'armée ont participé aux opérations de secours. Deux cents blessés ont été évacués vers Téhéran par avion pour y être hospitalisés, selon les médias iraniens.

D'après le gouvernement, 22 000 tentes, 52 000 couvertures ainsi que près de 17 tonnes de riz et 100 000 conserves ont été envoyées sur place, et plus de 200 000 bouteilles d'eau ont été distribuées.

En visite dans les zones sinistrées, le ministre de l'Intérieur, Abdolreza Rahmani-Fazli, a néanmoins été interpellé par une habitante affirmant que les riverains n'avaient «pas d'eau», selon une vidéo de l'agence de presse Fars.

En fin d'après-midi, les autorités locales ont indiqué que toutes les routes fermées plus tôt à cause de glissements de terrain avaient été rouvertes dans la province de Kermanshah, mais l'électricité n'avait toujours pas été rétablie à Sar-e Pol-e Zahab, selon la télévision d'État.

À Darbandikhan, localité la plus touchée du côté irakien, les autorités ont appelé les habitants de la zone sud de la ville à quitter les environs, redoutant qu'un barrage n'ait été touché.

«On n'avait pas vu ça ici depuis un siècle au moins», a affirmé à l'AFP un responsable local.

Alors que le gouvernement a décrété une journée de deuil national mardi, les écoles sont restées fermées lundi dans plusieurs provinces iraniennes frontalières de l'Irak. Dans celle de Kermanshah, elles devaient encore l'être mardi.

Cité par l'agence Isna, un responsable des affaires culturelles de la province de Kermanshah a indiqué que cinq monuments historiques de la province avaient subi des dégâts mineurs. Il s'est réjoui que le site de Behistun inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO pour ses vestiges remontant au VIIe siècle av. J.-C. n'ait subi «aucun dégât».

 

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