/news/law

Automobilistes coincés en pleine tempête

Cafouillage de l'autoroute 13: recours collectif autorisé

Yves Poirier | TVA Nouvelles

TVA Nouvelles a appris qu’un recours collectif en lien avec le cafouillage de l’autoroute 13 a été autorisé par le tribunal. L’information a été confirmée par l’avocat au dossier, Me Marc-Antoine Cloutier. Le recours vise la procureure générale du Québec, la Ville de Montréal et la SAAQ.

La demande de recours collectif avait été logée par le citoyen Gilles D. Beauchamp dans la foulée de l’importante tempête de neige qui s’était abattue sur le sud du Québec, les 14 et 15 mars dernier. De nombreux automobilistes étaient restés prisonniers dans leur véhicule, immobilisés sur l’autoroute 13 Sud ainsi que sur l’autoroute 520 Est pendant une dizaine d’heures au cours de la nuit.

À LIRE ÉGALEMENT:

Que s'est-il passé sur l'autoroute 13?

Cafouillage sur l'autoroute 13: le MTQ et la SQ blâmés

106 000 $ pour trouver ce qui a cloché sur l’autoroute 13

Un camionneur arrêté pour avoir refusé le remorquage sur l'autoroute 13

«Abandonnée» et «révoltée» pendant une nuit sur la 13

Selon M. Beauchamp, des fautes grossières dans la gestion du blocage routier ont été commises. Il estime que les autorités ont manqué à leurs obligations. Il explique dans sa requête qu’il a fallu plus de douze heures pour dégager les voies, de sorte que des centaines d’automobilistes et d’utilisateurs de transport en commun ont passé la nuit dans leur véhicule ou dans des véhicules de transport collectif, en pleine tempête, sans aucune information sur l’évolution de la situation.

Gilles D. Beauchamp qualifie la situation de «cafouillage inexcusable» et réclame pour les membres du groupe des dommages moraux pour inconfort, stress et anxiété, ainsi que des dommages matériels pour certains membres du groupe, en plus de dommages punitifs.

«À ce stade-ci, il est plus plausible que ça soit une faute du gouvernement qu’un accident d’auto, parce que le gouvernement évoquait la Loi sur l’assurance automobile en disant que c’était le no-fault, et le juge écarte cette théorie-là pour en venir plutôt à dire que non, les gens ont utilisé l’auto comme un abri pour se protéger du froid, et le gouvernement n’a pas mis en place les mesures d’urgence et a abandonné littéralement ces gens-là dans le froid, sans eau et sans nourriture, pendant des heures interminables», a expliqué Me Cloutier.

Peu de temps après les événements, le premier ministre Philippe Couillard avait reconnu la gravité de la situation et s'était excusé au nom du gouvernement du Québec.

La Sûreté du Québec tout comme le ministère des Transports avaient été blâmés pour leur manque de communication et leur mauvaise gestion.

Dans un rapport publié en mai dernier, l'ex-sous-ministre Florent Gagné avait pour sa part émis 26 recommandations pour une meilleure intervention lors d'événements similaires dans l'avenir. Il suggérait notamment de classifier les tempêtes et de réviser le personnel et le matériel «pour que tout puisse tourner rondement».

 

Dans la même catégorie