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Emprunts annuels de 12 à 15 millions $ par année

Des surprises dans le budget de la Ville de Saguenay

Jean Houle

 - TVA Nouvelles

À peine installée dans son fauteuil de mairesse, Josée Néron a découvert des surprises dans les finances de la Ville de Saguenay.

«Depuis des années, c'est comme si on payait l'épicerie avec la carte de crédit», a-t-elle confié.

La mairesse, qui succède à Jean Tremblay, a recensé des emprunts annuels de 12 à 15 millions $ par année depuis 2012. Il en résulte une dette alourdie de plus de 60 millions $, plus les intérêts. Josée Néron se souvient qu'officiellement, c'était pour couvrir les carences du fonds de pension de la Ville.

«Le conseil précédent avait fait le choix de ne pas hausser les taxes de la population, mais ces emprunts prouvent qu'en réalité, on reportait les taxes sur les générations futures», a-t-elle indiqué.

Ceux qui ont assisté à une séance du conseil ces quatre dernières années se souviennent de ce tableau où Saguenay apparaissait comme la ville où le montant des foncières étaient les plus basses au Québec.

Quand Québec a coupé le retour de taxes aux municipalités en 2014, elle leur donnait deux choix: emprunter pour couvrir ces manques, ou encore l'assumer graduellement.

«Les autres villes ont ajusté leur budget en conséquence, pas Saguenay», a déploré la mairesse.

Josée Néron a siégé comme conseillère de 2013 à 2017. Elle était l'une des deux élus du parti de l'opposition, l'Équipe du Renouveau démocratique. À chaque dépôt du budget, elle faisait valoir que le budget était adopté sans véritable discussion au sein du conseil.

«Ces emprunts ont servi à des rénovations de bâtiments ou des réfections de route, observe la mairesse. Ce sont des équipements qu'il est normal d'entretenir, mais on essaie normalement d'amortir les emprunts dans un délai raisonnable. Là, on taxe les générations futures.»

Le nouveau conseil étudiera le canevas préparé par le service de la Trésorerie et la direction-générale de la ville.

Une hausse de taxes est-elle inévitable pour 2018?

«Non, a répondu madame Néron. Nous allons vraiment étudier toutes les avenues, mais la population doit être consciente que nous aurons des choix à faire.»

Elle promet aussi de tout faire pour maintenir les budgets des organismes para-municipaux.

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