/news/society

#lajoutedujour | Congestion monstre à prévoir

Ingénieurs: le public paiera pour «un syndicat qui n’est pas content»

TVA Nouvelles

La grève du zèle des ingénieurs suscite l’impatience du gouvernement à moins de 48 heures du «trafic monstre» que les automobilistes risquent de subir principalement dans les régions de Montréal et de la Rive-Sud de Québec.

En guise de moyens de pression, les ingénieurs du gouvernement du Québec ont décidé de ne pas effectuer de nuit leur inspection de nombreuses infrastructures. Résultat: le travail sera accompli de jour, ce qui provoquera des embouteillages majeurs dès cette semaine.

«La population paiera encore une fois parce qu’un syndicat n’est pas content, déplore le commentateur de "La Joute" Luc Lavoie. Dans le cas des garderies, il y avait même un leader syndical qui avait dit: "il ne faudrait pas faire des grèves juste une journée, faudrait faire deux jours pour écoeurer davantage les parents".»

«Cette fois-ci, on veut écoeurer les automobilistes. C’est toujours la même affaire. Les travailleurs du secteur public sont syndiqués jusqu’aux oreilles et ils en abusent jusqu’aux oreilles», poursuit le jouteur.

L’analyste recrue de «La Joute», Caroline St-Hilaire, a une position plus conciliante envers les ingénieurs de l’État, dont elle compare la situation à celle vécue par les éducatrices en garderies. «Je mets à leur place: qu’est-ce qu’ils peuvent faire? Le gouvernement attend toujours à la dernière minute, note-t-elle. Ça fait deux ans que la convention est échue... Ça ne prenait pas des ingénieurs pour être pris dans la congestion, on l’est déjà.»

Les moins payés au Québec

L’ancienne mairesse de Longueuil se demande «pourquoi à minuit moins cinq, on nous sert la menace de la congestion».

Bernard Drainville appuie également «sur le fond» la cause des ingénieurs, qui sont les moins bien payés de la province. «C’est d’autant plus important qu’ils soient bien payés qu’on a besoin de refaire notre expertise au niveau du ministère des Transports. Parce qu’on est devenu bien trop dépendant des firmes privées de génie, ce qui a mené à toutes sortes d’abus... Ça prend un équilibre entre l’expertise du public et les contrats qu’on donne au privé», souligne le jouteur.

Les ingénieurs ne trouvent cependant pas grâce aux yeux de l’ancien député péquiste quant aux moyens utilisés. «Mais de prendre les automobilistes en otages et de jouer avec la sécurité des infrastructures alors qu’on a un viaduc de la Concorde qui a fini par s’effondrer à Laval... Vous avez une bonne cause et de bons arguments, mais si vous emmerdez les automobilistes solide, qui sont déjà irrités au possible à cause des maudits bouchons, là vous allez perdre l’appui du public.»

Le gouvernement du Québec peut brandir le spectre d’une loi spéciale pour résoudre le litige. «Je le souhaite de tout mon cœur, dit Luc Lavoie, qui prédit qu’une telle loi sera adoptée d’ici le début de la semaine prochaine.

Les jouteurs Drainville et St-Hilaire ne partagent pas cet avis. «Le gouvernement a une belle opportunité d’envoyer un message comme quoi il tient à ses ingénieurs. M. Arcand a une belle fenêtre pour montrer qu’il fait les choses différemment», commente Caroline St-Hilaire.

Voyez l’extrait de l’émission «La Joute» dans la vidéo en haut de ce texte

Dans la même catégorie