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Agresseur sexuel

Le prononcé de sa peine reporté pour s'occuper de sa femme malade

Kathleen Frenette | Agence QMI

Un agresseur sexuel de 70 ans a pu bénéficier de la clémence du tribunal qui a accepté de reporter de quelques jours le prononcé de sa peine, et ce, malgré une suggestion commune faite par les avocats.

Le 30 novembre prochain, Richard Lévesque sera vraisemblablement condamné à purger une peine de pénitencier de deux ans pour des agressions sexuelles qu’il a commises, au milieu des années 80, à l’encontre d’un jeune garçon qui, au début des agressions, n’avait que six ans.

Accompagner sa femme

Toutefois, son avocat a demandé à la juge Johanne Roy de permettre encore quelques jours de liberté à Lévesque pour qu’il puisse accompagner sa conjointe, atteinte d’un cancer généralisé, qui doit subir une chirurgie en début de semaine prochaine.

Dans la salle, la victime de Lévesque, un homme, aujourd’hui dans la trentaine, a écrasé une larme sous son pouce.

Bien qu’il ait compris le côté humain de la demande, la victime en lui a souffert un peu plus et, encore une fois, il devra attendre pour tourner la page de ce triste chapitre de sa vie.

Pendant six ans, Lévesque, un ami de la famille de la victime, a abusé de lui. De caresses échangées « dans le cadre de jeux », les attouchements se sont faits plus insistants, plus intrusifs au fil du temps, laissant des séquelles insoupçonnées chez la victime qui en a, par la suite, « bavé » une grande partie de sa vie.

Séquelles

Les séquelles sont si importantes que la déclaration faite par l’homme n’a pas été rendue publique, étant plutôt mise sous scellé. Cependant, Lévesque s’est vu invité à en prendre connaissance avant de fondre en larmes tout en s’excusant à celui à qui il a volé un gros bout de vie.

« Vous savez, les victimes reçoivent des sentences à vie. Tout, pour elles, est chamboulé. Leur sphère émotive est perturbée de même que leur développement sexuel. Ces gestes affectent aussi leur parcours scolaire, leurs relations émotionnelles, leur dépendance... », a laissé tomber la juge devant l’accusé.

Elle a également ajouté que si elle acceptait de reporter le prononcé de la peine, ce n’était pas pour faire plaisir à l’accusé, mais bien parce que sa conjointe, qui traverse des moments pénibles et qui n’a rien à se reprocher, devait pouvoir compter sur son mari.