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Avis de François Blais

Le rapport d’experts sur le revenu minimum garanti trop «confus»

Marc-André Gagnon | Agence QMI

«Assez confus», «difficile à suivre», le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, ne mâche pas ses mots à l’égard du rapport du comité d’experts sur le revenu minimum garanti.

«Ma déception vient du fait que le rapport est assez confus sur la trame de fond du revenu minimum garanti. [...] La trame de fond est difficile à suivre», a réagi le ministre Blais, à l’entrée du caucus libéral, mardi matin.

Dans leur rapport déposé lundi, trois universitaires qui avaient été mandatés par le gouvernement Couillard au printemps 2016 rejettent la mise en place du revenu minimum garanti dans sa forme pure et simple, mais suggèrent tout de même de s’en rapprocher en simplifiant l’aide sociale.

«Ma déception, c’est sur la trame de fond: on dit que c’est une utopie, point d’interrogation... En même temps, on dit que c’est très inspirant et c’est difficile à suivre pour le lecteur», a commenté M. Blais, qui a lui-même consacré une bonne partie de sa carrière d’universitaire à écrire sur le revenu minimum garanti.

«Des contradictions importantes»

Même s’il dit constater «des contradictions importantes» dans le rapport du comité d’experts, le ministre assure qu’il n’en est «pas déçu [...] pour autant».

M. Blais refuse d’ailleurs de tabletter ce rapport, comme le réclament le Parti québécois, Québec solidaire et le Collectif pour un Québec sans pauvreté.

«On va utiliser le rapport, c’est sûr. [...] Il y a des points très intéressants, mais encore une fois, je trouve que c’est assez difficile de s’y retrouver», a dit le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

En attendant le dévoilement de son nouveau plan de lutte contre la pauvreté, M. Blais refuse pour l’instant d’indiquer si son gouvernement ira de l’avant avec la bonification majeure de la prime à l’emploi proposée par le comité d’experts. Une telle mesure coûterait jusqu’à un milliard de dollars par année à l’État québécois.

«Si vous augmentez de façon importante l’aide sociale, vous avez un enjeu d’incitation au travail, vous vous rapprochez du salaire minimum, a-t-il exposé. Si vous augmentez la prime au travail, là vous n’augmentez pas l’aide sociale, mais vous augmentez le revenu disponible aux personnes pauvres.»

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