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Sécurité des cyclistes

Un groupe de médecins réclame 100 km de pistes cyclables par an

Zacharie Goudreault | Agence QMI

GEN-VELO-RAPPORT

PHOTO ANNE-MARIE PROVOST/24 HEURES/AGENCE QMI

Un groupe de médecins réclame à la Ville de Montréal de mettre les bouchées doubles en créant 100 kilomètres de pistes cyclables par année tout en misant sur les artères routières les plus achalandées de Montréal.

Les artères routières importantes, comme les rues Sherbrooke et Jean-Talon ainsi que le boulevard Saint-Laurent, qui sont empruntées quotidiennement par des milliers de cyclistes «malgré le manque d’infrastructures», doivent être priorisées, souligne le rapport.

L’urgentologue du centre de traumatologie de l’Hôpital du Sacré-Cœur, Éric Notebaert, déplore que plusieurs cyclistes meurent ou soient gravement blessés sur de grandes artères routières de la métropole chaque année.

«Des blessés sur la route, que ce soit des piétons ou des cyclistes, j’en vois presque quotidiennement l’été [...] Les piétons et les cyclistes sont tellement vulnérables que le risque de mortalité est important quand ils se font frapper», a-t-il souligné.

M. Notebaert, qui est membre de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement, a piloté un rapport de recherche de 20 pages réalisé par des chercheurs universitaires afin d’analyser «les liens manquants du réseau cyclable à Montréal».

L’allongement du réseau cyclable de 100 kilomètres par année, soit le double du rythme actuel, permettrait de combler les brèches existantes entre les différentes pistes cyclables, entre autres grâce à l’ajout en deux ans de 24 tronçons cyclables reliant l’est et l’ouest ainsi que le nord et le sud de la ville.

Actuellement, le coût de la création de pistes cyclables protégées sur rue varie de 500 000 $ à 2 millions $ le kilomètre. Afin de réduire le montant de la facture, Éric Notebaert propose de délimiter la voie cyclable avec des bollards ou des «pots à fleurs» au lieu de créer des pistes cyclables en site propre.

Le groupe de médecins réclame également plus de mesures de sécurité aux intersections, telle l’installation de feux de circulation pour cyclistes.

Stationnements

La présidente-directrice générale de Vélo Québec, Suzanne Lareau, croit que les recommandations du groupe de médecin sont réalisables, pourvu que la Ville ait la «volonté politique» de réaliser 100 kilomètres de piste cyclable par année.

L’aménagement de pistes cyclables protégées sur des routes achalandées pourrait d’ailleurs nécessiter le retrait d’espaces de stationnement ou d’une voie de circulation, causant ainsi la «grogne» de plusieurs automobilistes, a-t-elle affirmé.

Le fondateur du groupe Vélo d’hiver Montréal, François Démontagne, propose d’ailleurs d’«enlever les stationnements d’un côté» du boulevard Saint-Laurent afin d’y aménager une piste cyclable.