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Coupable d'abus de confiance

Un village forcé de mettre sa directrice générale à la porte

Stéphanie Gendron | Agence QMI

Le ministère des Affaires municipales demande au village de Saint-Guy dans le Bas-Saint-Laurent de congédier sa directrice générale, qui continuait de gérer la municipalité même si elle avait été reconnue coupable d’abus de confiance lorsqu’elle était directrice du village voisin.

La preuve avait démontré qu’Andrée Ouellet, alors qu’elle était directrice de Saint-Médard, avait attribué plusieurs contrats municipaux à la compagnie de transport qu’elle possédait avec son conjoint. Elle avait également donné un contrat de réfection de la Salle de l’âge d’or à son frère en évitant un appel d’offres public.

En 2014, lorsqu’elle a été arrêtée par l’UPAC pour ses actes de 2009 à 2013 à Saint-Médard, elle était déjà à l’emploi de Saint-Guy, 10 kilomètres plus loin. Le conseil municipal avait décidé de la garder en poste, même si les spécialistes étaient sans voix. Le maire de l’époque, Jean-Noël Bolduc, avait indiqué qu’elle «faisait bien son travail».

Plainte

Il a fallu une plainte au ministère des Affaires municipales pour que les fonctionnaires provinciaux s’en mêlent. En vertu de l’article 269 du Code municipal du Québec, il est dit qu’un fonctionnaire public reconnu coupable d’abus de confiance ne peut plus travailler pour une municipalité pour une période de cinq ans.

Le nouveau maire Maxime Dupont avait déjà souligné en tant que citoyen que la présence de madame Ouellet dans les bureaux de la municipalité allait à l’encontre de la loi.

«À l’époque, j’avais fait part au conseil que selon moi, la loi était claire là-dessus. Le conseil avait décidé d’en faire fi et de ne pas s’informer plus loin», a dit le maire Dupont.

Le nouveau conseil municipal de Saint-Guy composé de six nouvelles personnes sur sept a donc été invité à montrer la porte à madame Ouellet.

«Madame Ouellet était censée l’apprendre de ma part ce matin, mais elle l’a appris par les médias. Elle était sous le choc», a aussi indiqué le maire, qui entreprend des démarches pour trouver un nouveau directeur général.

Le maire a aussi l’intention de revoir et vérifier les dossiers et les contrats des dernières années au sein de la municipalité.

Andrée Ouellet avait plaidé coupable en février 2016 pour abus de confiance. Le juge lui avait imposé une condamnation avec sursis en plus d’une période de probation de deux ans.

 

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