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Bureau d’enquête

De nombreux appels entre Jean Charest et Marc Bibeau

Annabelle Blais, Félix Séguin et Jean-Nicolas Blanchet | Bureau d’enquête 

Le collecteur de fonds du Parti libéral du Québec Marc Bibeau était tellement proche du premier ministre Jean Charest que son cellulaire a appelé plus de 570 fois des numéros de téléphone associés à Jean Charest, de 2006 à sa défaite électorale en 2012, révèlent des analyses de registres téléphoniques consultés par le Bureau d’enquête.

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Selon nos compilations, les numéros de téléphone (cellulaire, résidence, bureaux du PM) associés à l’homme d’affaires Marc Bibeau ont réalisé un total de 574 appels vers plusieurs numéros associés à l’ancien premier ministre libéral, dont son cabinet, sa résidence ou son cellulaire.

Par exemple, le cellulaire de l’homme d’affaires a appelé le cellulaire de M. Charest le matin du 5 septembre 2012, quelques heures avant qu’il présente sa démission. La veille, jour de l’élection, ils ont communiqué ensemble en fin de soirée.

Selon nos informations, les enquêteurs de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) ont surveillé des registres d’appels du collecteur de fonds du PLQ. Ils s’intéressent particulièrement à son réseau et à son influence sur le gouvernement, Jean Charest et les entrepreneurs qui finançaient le Parti libéral du Québec.

« Emprise »

Les enquêteurs allèguent que M. Bibeau avait non seulement une influence, mais une « emprise » sur le premier ministre, le gouvernement, les organismes publics et le PLQ, selon nos informations.

Plusieurs hommes d’affaires et ex-députés ont confirmé au Bureau d’enquête à quel point les deux hommes étaient proches. Certains croient qu’ils étaient amis alors que d’autres parlent plutôt d’un conseiller.

« Chez les députés, la rumeur circulait que Marc Bibeau avait une influence sur le premier ministre », souligne l’ancien député libéral Bernard Brodeur.

Ce printemps, notre Bureau d’enquête a révélé que Marc Bibeau et Jean Charest avaient fait plusieurs voyages ensemble aux États-Unis et que les policiers avaient demandé et obtenu les relevés de leurs passages transfrontaliers.

Décideurs publics

Les registres démontrent aussi que des appels à partir du téléphone de M. Bibeau ont aussi été faits auprès de numéros associés à plusieurs autres décideurs publics, et ce, sur une base régulière :

- 1241 appels à un administrateur chez Hydro-Québec qui était en poste à l’époque

- 423 appels à un administrateur de la Société des alcools du Québec (SAQ)

- 301 appels à Pierre Bibeau, vice- président Loto-Québec de 2003 à 2016 et ex-organisateur libéral

- 122 appels à un administrateur à la Société immobilière du Québec (SIQ) de 2003 à 2013

- 53 appels à Michelle Courchesne, ministre de l’Éducation et ensuite présidente du Conseil du trésor

- 22 appels à Daniel Gagnier, chef de cabinet de Jean Charest

- 967 appels à Violette Trépanier (2006 à 2013). L’ancienne ministre sous Bourassa était à cette époque la directrice du financement du PLQ

- 120 appels à Karl Blackburn, entre 2007 et 2012. À cette époque, il était chef de cabinet du whip Norman MacMilllan, puis organisateur en chef du PLQ et enfin DG du PLQ

Rien n’indique que les personnes contactées sont soupçonnées d’une infraction ou sont ciblées par l’enquête policière.

Notre Bureau d’enquête n’a pas eu accès au contenu des conversations entre Bibeau et ces divers individus.

— Avec la collaboration de Marie-Christine Trottier et Alexandre Robillard

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