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Bureau d’enquête

Un rôle politique

Annabelle Blais et Alexandre Robillard | Bureau d’enquête 

Photo d'archives

L’ancien député Bernard Brodeur a raconté à notre Bureau d’enquête qu’au début des années 2000, M. Bibeau a «insinué» que s’il voulait rester député à la prochaine élection, il devait atteindre ses objectifs de financement. Il lui aurait dit que Jean Charest ne signerait pas la lettre de candidature.

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«Je ne sais pas s’il avait le mandat de le faire, mais il jouait avec ça», nous a-t-il dit. «M. Bibeau mettait toujours de la pression sur tout le monde. Ce n’était pas un type que j’appréciais beaucoup, on faisait ce qu’on pouvait, mais il nous le remettait sous le nez», dit-il au sujet du financement.

Il ajoute qu’il a croisé de nombreuses fois M. Bibeau dans l’édifice du premier ministre, l’Honoré-Mercier à côté de l’Assemblée nationale. «C’est surprenant le nombre de fois où je l’ai rencontré, chaque fois que j’y suis allé, je l’ai croisé, j’y allais à l’occasion, mais pas tous les jours», a-t-il affirmé.

Même s’il avait déjà été un ancien président du parti et adjoint parlementaire de Jean Charest, l’ancien député d’Orford Robert Benoit a dû passer par Marc Bibeau avant de se représenter en 2003. M. Benoit a expliqué à la police et à la commission Charbonneau s’être fait dire par Marc Bibeau qu’il devait récolter plus d’argent pour la prochaine élection et s’il voulait se faire «nommer quelque part». «Il faut avoir du poids, de l’influence et de la proximité avec les dirigeants (du parti) pour faire ce type de rencontre et tenir ce genre de discours», a-t-il déclaré.

Notre Bureau d’enquête révélait également il y a quelques semaines que l’ex-directeur des communications du cabinet de Jean Charest entre 2008 et 2010 Éric Tétrault (qui a été brièvement candidat libéral aux élections partielles dans Louis-Hébert) a affirmé à l’UPAC que Marc Bibeau pouvait parler au premier ministre quand il le voulait. « Ça n’apparaissait pas à l’agenda. C’était à l’abri des yeux des gens du cabinet. »

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