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Échangeur Turcot

Québec pense à nouveau aux cyclistes et aux piétons

Matthieu Payen | Agence QMI

L’idée de construire un lien pour cyclistes et piétons surplombant l’échangeur Turcot est revenue sur la table, lundi, après une discussion entre le nouveau ministre des Transports du Québec et la nouvelle mairesse de Montréal.

La structure, appelée «dalle-parc» et initialement proposée par le gouvernement en 2010, avait disparu en cours de route des plans du nouvel échangeur pour des raisons financières. La dalle qui permettrait aux piétons et cyclistes de faire le lien entre Notre-Dame-de-Grâce et le Sud-Ouest coûterait 40 millions $, alors que l’enveloppe globale du chantier Turcot est de 3,5 milliards $.

Mais l’arrivée, il y a un mois, du jeune ministre André Fortin au ministère des Transports et surtout la nouvelle administration à Montréal pourraient changer la donne.

«Nous nous sommes rencontrés avec Valérie Plante ce midi pour parler de l’échangeur et la question de la dalle-parc s’est posée. Nous sommes sur la même longueur d’onde au sujet du transport actif. Nous commencerons par consulter la population, puis nous verrons comment on s’y prend», affirme M. Fortin, venu visiter le chantier en compagnie de la nouvelle mairesse.

Des propos qui réjouissent Benoit Dorais, maire du Sud-Ouest et désormais numéro 2 de la Ville. «J’étais clairement déçu de voir cet élément disparaître du projet, mais là nous avons un ministre à l’écoute, dit-il. Il faut agir le plus vite possible parce que si on attend la fin des travaux, ce sera trop tard. Beaucoup de gens tiennent à la dalle-parc.»

Circulation difficile

Outre la dalle-parc, le ministre Fortin a abordé la délicate question de la circulation aux abords du chantier, alors que 60 % des travaux sont d’ores et déjà achevés. Il a notamment appelé les utilisateurs à «repenser leurs façons de se déplacer.»

«C’est un chantier qui est important, qui est complexe, mais qui est tellement important pour les citoyens de la grande région de Montréal, dit M. Fortin. Ces travaux étaient nécessaires pour des questions de sécurité parce que les infrastructures ont 50 ans ou plus et que 300 000 personnes les empruntent tous les jours.»

Démolition

À partir de la mi-décembre, la phase la plus douloureuse pour les automobilistes va commencer, notamment en ce qui concerne les déplacements du centre-ville vers l’échangeur, a fait savoir le directeur adjoint du consortium KPH Turcot, Sébastien Marcoux.

À ce moment-là, l’autoroute 720 Ouest fermera pour être démolie. Elle sera compensée par l’ouverture de deux voies à contresens sur la nouvelle route 136, mais il restera un problème d’accessibilité puisque les entrées Lucien-Lallier et du Fort seront condamnées.

Une situation qui fait craindre de gros problèmes de circulation à l’heure de pointe du soir jusqu’en 2019.

Certains GPS sont encore bons

Les autorités ne cessent de répéter que l’usage des GPS est déconseillé dans le dédale de voies fermées et de détours de l’échangeur Turcot, mais la technologie n’est pas à mettre totalement de côté.

Le mégachantier est dans une phase qui fait perdre le nord à bien des automobilistes et même à nos précieux outils de navigation.

«Nous recommandons aux usagers de la route de ne pas se servir de leur GPS aux abords de Turcot et de plutôt se fier aux panneaux de signalisation», a dit à plusieurs reprises la porte-parole du MTQ, Sarah Bensadoun.

Connectés ?

Les automobilistes sont-ils donc contraints de participer à une sorte de jeu de piste à haute vitesse ?

Heureusement non.

«En fait, tout dépend si votre GPS est connecté en permanence sur internet ou si ce sont des cartes préprogrammées, explique le chroniqueur automobile au «Journal de Montréal» Frédéric Mercier. En général, les GPS intégrés dans les autos ne sont pas connectés au réseau 3G, donc la mise à jour des routes ne peut se faire qu’en allant chez votre concessionnaire.»

Or, au rythme où les détours évoluent, il est illusoire de croire que l’on pourra utiliser son GPS de manière efficace dans l’échangeur Turcot durant la prochaine année.

La seule option fiable est donc d’avoir un système connecté à internet, comme dans le cas des téléphones intelligents.

«Dans ce cas-ci, les systèmes GPS se servent des données transmises automatiquement par les utilisateurs. Ils peuvent donc vous indiquer votre chemin et, même mieux, ils vous indiqueront le chemin le plus rapide en tenant compte de la circulation», ajoute M. Mercier.

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