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Sondage

Près d’une journaliste féminine sur deux a été victime de violence fondée sur le sexe

Agence QMI

Female journalist at news conference, writing notes, holding microphone

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Le syndicat Unifor demande des actions immédiates de la part des groupes de presse pour protéger les femmes journalistes au Canada après qu’un sondage de la Fédération internationale des journalistes (FIJ) eut révélé que près d’une journaliste sur deux a signalé avoir été victime de violence fondée sur le sexe dans le cadre de son boulot.

«Le niveau de harcèlement auquel font face les femmes journalistes alors qu'elles ne font que leur travail est tout simplement inacceptable», a dit le président national d'Unifor, Jerry Dias, dont l’organisation est membre de la FIJ.

«Les médias au Canada doivent prendre cette menace au sérieux et agir pour aborder les besoins en matière de sécurité de leurs journalistes femmes», a poursuivi le syndicaliste.

Dans le coup de sonde de la FIJ, on apprend que 48 % des journalistes féminines interrogées ont dit avoir subi de la violence fondée sur le sexe dans le cadre de leur travail. Quarante-quatre pour cent des femmes journalistes disent avoir été victimes d’abus en ligne.

Au bureau, l’abus est perpétré par un supérieur dans 38 % des cas ou par un collègue dans 17 % des cas.

Dans 45 % des cas, les auteurs se trouvaient à l’extérieur de l’environnement de travail, l’abus provenant de sources, de politiciens, de lecteurs ou d’auditeurs.

Les deux tiers des victimes n’ont pas porté plainte officiellement, alors que près de 85 % des femmes journalistes qui disent s’être tournées vers les autorités «ne pensent pas que des mesures adéquates ont été prises dans tous les cas contre les auteurs», précise la FIJ sur son portail.

À peine 12,3 % des répondantes étaient «satisfaites du résultat» après avoir déposé une plainte en bonne et due forme.

«Ces résultats soulignent qu'il est essentiel pour les employeurs de prendre cette question très au sérieux», a indiqué Howard Law, directeur du secteur des médias d'Unifor.

«Ces résultats de sondage sont alarmants et des mesures drastiques doivent être prises afin de changer les choses», a-t-il poursuivi.

Quelque 400 femmes journalistes oeuvrant dans 50 pays, incluant le Canada, ont répondu aux questions du sondage de la FIJ.

Elles ont révélé que «seulement 26 % des lieux de travail bénéficient d’une politique couvrant la violence sexiste et le harcèlement sexuel», indique la FIJ en ligne.

«Des femmes journalistes de plus de 50 pays racontent la même histoire – la violence fondée sur le sexe dans le monde du travail est généralisée et les mesures pour lutter contre cette violence sont inexistantes ou inadéquates dans pratiquement tous les cas. Nous devons agir urgemment pour traduire les auteurs en justice et donner confiance aux femmes journalistes afin qu’elles signalent de tels abus», a dit pour sa part Mindy Ran, coprésidente du Conseil du genre de la FIJ.

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