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Transformé en logements sociaux

Val-d’Or va perdre son ancien QG de la drogue

David Prince

 - Agence QMI

STOCKQMI-POLICE

Joel Lemay/Agence QMI

L’ancien siège social de la criminalité et de la débauche en Abitibi sera transformé en logements sociaux supervisés pour héberger les plus démunis.

Le bar Le Château Inn de Val-d’Or a été pendant plusieurs années le quartier général de l’organisation criminelle dirigée par Serge Pomerleau, connu pour s’être évadé en hélicoptère de la prison d’Orsainville en 2014 avec ses bras droits Denis Lefebvre et Yves Denis.

Cette organisation a régné sans partage sur le marché de la drogue et de la prostitution à Val-d’Or.

Le Château Inn avait été saisi par le gouvernement du Québec en janvier 2015 à titre de bien infractionnel. L’édifice d’une valeur de 1,3 million $ est situé en plein centre-ville.

Virage à 180 degrés

Face à la crise de l’itinérance qui sévit à Val-d’Or, le gouvernement et des contributeurs privés ont permis à l’organisme La Piaule d’acheter et de rénover l’édifice pour en faire des logements sociaux. L’annonce officielle en a été faite lundi matin.

«C’est un virage à 180 degrés. C’était plus réputé pour être un endroit de criminalité et de perdition. Là, on va être en mode logements supervisés, donc en mode récupération et orientation dans une autre dynamique sociale. Val-d’Or ne sera plus "Sin City@. Ce sera une ville où il y a de l’espoir et où on a des solutions à notre problème d’itinérance et autres dépendances», a déclaré le maire de Val-d’Or, Pierre Corbeil.

D’ici l’automne 2018, environ 7 millions $ seront investis pour transformer l’ancien bar en un édifice de 36 logements sociaux pour les démunis et les itinérants qui souhaitent se reprendre en main.

«Une combattante»

L’édifice sera nommé Le Château Marie-Ève en l’honneur de Marie-Ève Charron, une femme démunie de 36 ans de Val-d’Or qui a été assassinée en mai 2016. Son voisin, Lévis Landry, a été accusé du meurtre non prémédité. M. Landry est également parmi les derniers à avoir vu vivante Sindy Ruperthouse, une autochtone portée disparue depuis avril 2014.

«Marie-Ève était une combattante. Elle avait une belle force de caractère. Les circonstances entourant sa mort nous ont mis sous le choc. C’était important que Marie-Ève puisse avoir son château, pour que l’on puisse aider plein de gens comme elle», a dit Nancy Lahaie, directrice générale de La Piaule, un organisme qui vient en aide aux itinérants et qui chapeaute le projet.

Les logements sociaux seront également accessibles à la communauté autochtone.

«C’est symbolique. On prend un lieu lié à la criminalité et qui représente le côté sombre de l’existence humaine [et on le transforme] en un lieu où règne l’espoir», a dit le ministre des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley.