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Comité d'examen

Le meurtre de Daphné Huard-Boudreault pousse Québec à agir

TVA Nouvelles et Agence QMI 

Le meurtre de Daphné Huard-Boudreault, assassinée à 18 ans après que son ex-ami de cœur se soit filmé en train de l’insulter, a touché le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux au point où il met aujourd’hui en place un Comité d’examen des décès liés à la violence conjugale.

«On va analyser les cas des dernières années pour essayer d'avoir un portrait des agresseurs et des victimes et pouvoir prévenir», explique la coroner en chef du Québec, Me Catherine Rudel-Tessier qui est en charge du comité.

Le ministre de la Sécurité publique assume pleinement que ce meurtre hautement médiatisé ait fait partie des déclencheurs pour la mise en place d’une nouvelle structure, dont le but ultime sera d’examiner les cas de meurtres conjugaux, présents et passés, pour éviter d’autres décès.

Daphné Huard-Boudreault, 18 ans, a été assassinée le 22 mars dernier à Mont-Saint-Hilaire. Son ex-ami de cœur, Anthony Pratte-Lops, qui avait entre autres publié sur les réseaux sociaux des vidéos dans lesquelles il insultait son ex-copine, est accusé de son meurtre prémédité.

« Ça nous a tous interpellés, et moi aussi, très humainement je dirais. J’étais ministre de la Sécurité publique et j’avais une occasion de faire une différence », a-t-il dit, mardi, en marge d’une Journée d’actualisation des connaissances en matière de violence conjugale, qui se tenait à l’École nationale de police du Québec, à Nicolet.

Le comité doit se mettre en marche au début de l’année 2018, et remettra un rapport annuellement.

Chaque année au Québec, 11 femmes perdent la vie à cause de la violence conjugale, 15 000 plaintes sont enregistrées dans les différents services de police et 6000 victimes sont accueillies par des maisons d'hébergement.

«Parfois quand il y a de la violence physique on pense que c'est grave, mais quand il y a du harcèlement, quand il y a des conjoints qui sont intrusifs, on ne mesure pas toujours la portée du danger que vit une femme alors le comité va permettre d'examiner ces situations-là», affirme Louise Riendeau du Regroupement des maisons de femmes victimes de violence conjugale.

- Avec la collaboration d'Émilie Vallée