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17% de la main-d'oeuvre de l'industrie

Les femmes à la rescousse des mines

Pierre Couture | Agence QMI

À court de travailleurs dans plusieurs régions du Québec, l’industrie minière a peut-être trouvé son filon d’or avec l’embauche de femmes.

«On aura un important besoin de travailleurs au cours des prochaines années et on croit que les femmes ont leur place», soutient le vice-président aux ressources humaines de Ressources Falco, Claude Léveillée.

Actuellement, les femmes ne représentent que 17 % de la main-d’œuvre dans l’ensemble de l’industrie minière. Dans les métiers de production, cette proportion chute à 4 % au pays.

Ressources Falco et son partenaire Osisko planifient un projet de mine d’or, de zinc, de cuivre et d’argent (appelé Horne 5) d’un milliard de dollars à Rouyn-Noranda.

Osisko croit que le projet Horne 5 pourrait voir le jour en 2019-2020 alors que 525 postes permanents seront créés.

Plus au nord, Osisko a un autre projet de mine d’or appelé Windfall Lake. Ce projet de 500 millions $ créerait 500 emplois permanents et la construction d’une usine de transformation du minerai d’or à Lebel-sur-Quévillon.

Selon M. Léveillée, les minières ont développé de nouvelles techniques de forage et de production qui permettent maintenant aux femmes de s’intégrer plus facilement à un milieu de travail dominé autrefois par des hommes.

Il n’y a pas que les femmes qui sont ciblées par les minières, les communautés autochtones sont également courtisées.

Sur la Côte-Nord, près de Schefferville, la minière Tata Steel Canada embauche tout près de 150 travailleurs autochtones, soit 25 % de sa main-d’œuvre.

Retombées

«Les communautés veulent être consultées en amont de projets. Il y a beaucoup de retombées potentielles pour les Autochtones au Québec avec l’industrie minière», souligne le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard.

Il faut dire que plusieurs compagnies minières ont déjà conclu par le passé des ententes avec les Innus, les Naskapis, les Inuit et les Cris.

Ces pactes prévoient notamment des compensations financières, de la formation et des emplois pour les membres de la communauté où la mine est exploitée.

Les travailleurs étrangers ciblés par les minières

Pour contrer la pénurie de main-d’œuvre au Québec, de plus en plus de sociétés minières ont l’intention d’embaucher des travailleurs étrangers.

En Abitibi, certaines minières pourraient éventuellement se tourner vers des travailleurs expérimentés du Mexique et du Chili pour combler leurs besoins.

«C’est une option qui est envisagée», soutient le vice-président aux ressources humaines de Ressources Falco, Claude Léveillée.

Avec plus de 25 projets d’investissements dans les cartons des promoteurs au Québec, l’industrie minière aura besoin d’un nombre important de travailleurs pour répondre à la demande.

«Les besoins de main-d’œuvre seront significatifs. On espère que les processus administratifs soient plus simples pour les minières», souligne la présidente de l’Association minière du Québec, Josée Méthot.

Ouverture de Québec

«On est ouvert à cela», lance le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec, Pierre Moreau, qui est d’avis que les besoins de main-d’œuvre à combler seront immenses dans le secteur minier au cours des prochaines années.

Le ministre Moreau dit avoir rencontré au cours des dernières semaines de nombreux maires de villes et de municipalités qui lui ont démontré une volonté à recruter des travailleurs à l’étranger.

«Les gens nous le disent. Ils sont ouverts à aller chercher des travailleurs de l’extérieur», a-t-il indiqué au Journal.

M. Moreau prévoit aller faire la promotion du Québec et de ses projets miniers au cours des prochains mois à l’étranger. Des présentations sont prévues au Mexique, à Toronto et à New York.

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