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Sherbrooke

Huit ans de prison pour un père incestueux

Jean-François Desbiens | TVA Nouvelles

«C'est comme s'il était un monstre, mais c'est quand même mon père!» C'est ainsi que la fillette d'à peine 11 ans s'était adressée à la juge pendant le procès de son père incestueux.

Coupable de sept crimes d'inceste sur sa fille, l'homme de 52 ans écope de huit ans de pénitencier.

C'est la suggestion commune faite par les procureurs au dossier et qui a été entérinée par la juge Hélène Fabi jeudi après-midi au palais de justice de Sherbrooke.

«J'm'en souviens pas l'avoir fait, mais je m'en excuse quand même». Ce sont les seules paroles que l'accusé a prononcées au moment de recevoir sa sentence.

De 2014 à 2015, alors qu'elle avait entre 8 et 10 ans, son père l'a agressée à huit reprises. Sept fois il a commis l'inceste, c'est-à-dire qu'il a eu des relations complètes avec sa fillette.

Il profitait de l'absence de la mère, partie travailler, pour poser les gestes.

Quand la fillette le suppliait d'arrêter, il lui disait que ça lui ferait du bien et, surtout, il lui ordonnait de ne rien dire sinon elle le regretterait.

À la suite d'une agression, la fillette lui a dit qu'il était un monstre. Il lui aurait alors rétorqué qu'il le savait.

Si les procureurs au dossier ont décidé de présenter une suggestion commune plutôt que de plaider et d'étirer les procédures, c'est en partie pour la victime et sa mère, qui souhaitaient pouvoir tourner la page le plus rapidement possible.

La fillette a dénoncé à sa mère les gestes de l'accusé après avoir parlé de sa détresse à une jeune amie à l'été 2015.

Imaginez le dilemme de la jeune victime. Elle était en quelque sorte prisonnière entre la loyauté et l'affection qu'elle pouvait éprouver pour son père et l'agresseur qu'il était, ainsi que le mal qu'il lui infligeait.

En plus des huit années d'emprisonnement, le Tribunal a imposé à l'homme de 52 ans une ordonnance en vertu de laquelle il ne pourra entrer en contact avec sa fille pour les 20 prochaines années, à moins qu'elle n'en décide autrement, une fois qu'elle aura atteint l'âge de la majorité.

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