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Démolition de la Belgo

L'échéance approche et le maire de Shawinigan s'impatiente

Jonathan Roberge

 - TVA Nouvelles

Au moment de racheter l'usine Belgo en 2010, la compagnie Recyclage Arctic Beluga s'était engagée à nettoyer et à décontaminer le site avant le 31 décembre 2017. L'échéance approche et les travaux sont loin d'être complétés. Pendant que le maire de Shawinigan, Michel Angers, durcit le ton, les ex-travailleurs déplorent l'état lamentable des lieux.

«C'est un désastre. Chaque fois que je passe là, j'ai l'impression d'être dans une ville bombardée. J'ai hâte qu'il y ait suffisamment de neige pour cacher tous ces débris», a pesté le maire Angers, qui aurait certainement préféré offrir un meilleur accueil aux touristes arrivant dans sa ville.

Dix ans après sa fermeture, le site de l'ancienne usine Belgo a été dépouillé de tous ses métaux et objets de valeur. Il n'est plus qu'un dépotoir à ciel ouvert de béton et de contaminants.

«Il y a eu des engagements. Ça fait 10 ans que ça dure. C'est vraiment inadmissible. Quelqu'un a la responsabilité de nettoyer et ce ne sera certainement pas aux frais des citoyens de Shawinigan. Pourquoi le ministère de l'Environnement, en une décennie, n'a pas mis plus de pression? Quand c'est une ville qui est en défaut, ce n'est pas long qu'on reçoit la tape sur les doigts.»

La sécurité de la route compromise?

Le démolisseur qui a racheté le site d'AbitbiBowater assure que le chantier n'a pas été abandonné.

Le problème, c'est que la fondation du dernier mur de l'usine est aussi l'assise de la route.

Le reste des travaux devra respecter les exigences des ministères de l'Environnement et des Transports, qui n'ont toujours pas reçu de plan de travail.

Les ex-travailleurs de Belgo sont pris par l'émotion chaque fois qu'ils empruntent cette route.

«Si on veut faire un jour notre deuil et qu'on tourne la page, il faudra que le mur de la honte tombe! Qu'on y mette quelque chose de plus agréable à regarder comme un parc», a suggéré Michel Richard, un retraité de la papetière.

L'une des options considérées par la Ville de Shawinigan est, ultimement, de se tourner vers le pollueur lui-même, devenu Produit forestier Résolu. Elle citera en exemple Rio Tinto Alcan qui a investi près de 60 millions $ pour démolir et décontaminer son usine de Shawinigan avant de céder son terrain à la Ville pour une somme symbolique de 1 $.

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