/news/law

Rivière-du-Loup

Deux jeunes hommes accusés d’agression sexuelle sur leur «amie»

Jasmin Dumas | TVA Nouvelles

Une jeune femme de Rivière-du-Loup a vécu une histoire horrible il y a dix jours. Elle aurait été agressée sexuellement par deux hommes qu’elle considérait comme ses amis, deux personnes en qui elle avait confiance.  Un interdit de publication nous empêche de l’identifier, mais pour elle, il n’était aucunement question de garder le silence.

«Je fais des cauchemars toutes les nuits. J’ai des flashbacks durant mon sommeil et quand je me réveille je ne me rappelle de rien», témoigne la présumée victime.

Le soir du 24 novembre dernier, quelque chose s’est brisé à jamais à l’intérieur de cette jeune femme. Elle raconte avoir été violée par deux de ses soi-disant amis ; Olivier Ouellet 20 ans et Benoit Boucher 19 ans, tous deux de Rivière-du-Loup. Ils ont été arrêtés jeudi et accusés d’agression sexuelle et de complot.

«Ça aurait été un inconnu, ça aurait fait autant mal, mais de savoir qu’un ami peut te faire ça, c’est dégueulasse, soutient la présumée victime. Après ça comment tu veux faire confiance?»

La femme et un témoin disent qu’après une soirée bien arrosée dans un bar du centre-ville de Rivière-du-Loup, elle était totalement ivre et n’avait plus conscience de ses actes. Les deux accusés auraient insisté pour la raccompagner chez elle seule. Un autre ami de la présumée victime s’est rendu sur place un peu plus tard.

«On est arrivé sur place et le mal était déjà fait. Il y en avait un qui remontait son pantalon, raconte un témoin. C’est vraiment traumatisant de voir ton amie pratiquement inconsciente.»

«Blackout total, affirme la présumée victime. La seule phrase que je me rappelle durant le temps que ça se passait c’est: c’est à ton tour

Un des accusés lui aurait envoyé ce message texte après les événements. «Étais-tu consentante?» lui a-t-il demandé. Elle veut sensibiliser la population sur le consentement sexuel. «Ce n’est pas parce qu’une fille est saoule que ça te donne le droit d’abuser d’elle. C’est normal d’avoir honte au début, mais il faut en parler. On est rendu là», croit la jeune femme.

Olivier Ouellet et Benoit Boucher ont été libérés sous condition et reviendront en cour le 18 décembre. Leur avocat a mentionné à TVA Nouvelles que ses clients s’abstiennent de commenter le dossier à ce moment-ci.

Pour sa part, la présumée victime amorce un processus de guérison: «Je vais avoir besoin de temps, de parler beaucoup avec des personnes comme des psychologues pour revenir à moi. Pour l’instant je n’ai plus d’émotion envers rien.»

Elle espère que son témoignage donnera la force aux autres femmes comme elle, à dénoncer.