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Tragédie de Lac-Mégantic

Il quitte la MMA avant l’explosion du train

Caroline Lepage | Agence QMI

Caroline Lepage

Un mécanicien de locomotive de la MMA corrigeait les informations désuètes contenues dans l’examen exigé tous les trois ans aux conducteurs de train pour tester si leurs connaissances étaient à jour.

Lorsqu’il travaillait à la Montreal, Maine & Atlantic (MMA) comme mécanicien de locomotive, Kevin Mosher devait réussir, conformément à la réglementation fédérale, son examen de «requalification». Ce test vérifiait si les connaissances des conducteurs de train étaient à jour.

Il lui est déjà arrivé de faire son examen et, par la suite, de corriger les erreurs qu’il retrouvait dans les questions, tellement l’examen de la MMA était désuet.

«Certaines questions de l’examen portaient sur des règlements qui n’étaient plus applicables», a-t-il dit, lundi, au procès des ex-employés de la MMA, Tom Harding, Richard Labrie et Jean Demaître, accusés de négligence criminelle causant la mort de 47 victimes.

À la MMA, M. Mosher n’a pas reçu de formation avant l’examen alors qu’au Canadien Pacifique, où il a travaillé dans le passé, cinq jours de classe pouvaient être offerts pour préparer les employés à ce test.

Ce mécanicien a déploré le peu d’encadrement qu’il a reçu à la MMA. Selon lui, des superviseurs doivent accompagner les conducteurs de train pour s’assurer que toutes leurs opérations sont effectuées adéquatement.

M. Mosher se souvient d’un seul voyage où le directeur adjoint du transport, Michael Horan, est monté à bord de son train.

«Ce n’est pas moi qui conduisais, c’était un stagiaire», a-t-il précisé.

De plus, il a affirmé que les locomotives, qui devaient être envoyées à Derby, aux États-Unis, pour les réparations majeures, manquaient assurément d'entretien.

«Quand elles revenaient du côté canadien, elles n’étaient souvent pas réparées», a-t-il rapporté.

Congédié

Celui qui travaille actuellement comme spécialiste de la réglementation ferroviaire n’aimait pas la direction que prenait la MMA, les mois précédant la tragédie de Lac-Mégantic. Il cherchait à changer d’employeur.

En 2012, M. Mosher avait demandé à l’avance des jours de vacances au cours desquels il prévoyait se rendre à une entrevue d’embauche à Sept-Îles chez Quebec North Shore & Labrador (QNS&L), où il travaille encore aujourd’hui.

La veille, la direction à la MMA lui a refusé ces jours de congé. Le mécanicien de locomotive ne s’est pas présenté au travail et, à son retour, il a été congédié.

«En revenant de là, je ne savais pas que j’avais une job. Je l’ai su trois semaines plus tard», a-t-il témoigné.

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