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Des dizaines de cas recensés

Des Rimouskois ciblés par des fraudeurs

Laurie Dufresne | TVA Nouvelles

Des dizaines de Rimouskois ont été visés, depuis l'été dernier, par une vague d'appels frauduleux en provenance d'ailleurs au Canada, mais aussi des États-Unis, de France, du Royaume-Uni et même de Hong-Kong

Plusieurs personnes ont témoigné sur la page Facebook de TVA Nouvelles. Tous ont raconté des histoires différentes, mais avaient un point en commun; personne ne s'est laissé flouer. D'ailleurs, la Sûreté du Québec a indiqué avoir reçu peu de plaintes, si bien que l'ampleur du phénomène est difficile à évaluer.

«Ce sont des numéros sans fin. 1-2-3-4-5... J'ouvre, et y'a rien», a raconté une femme qui a reçu quatre appels dans les cinq derniers jours seulement.

«J'ai reçu des appels, j'ai répondu, mais il n'y avait pas de son», a renchéri un homme.

Une autre femme rencontrée sur la rue a dit à TVA Nouvelles qu'elle a reçu un appel de sollicitation il y a trois semaines. «Ils disaient qu'ils parlaient français, mais c'était un appel des États-Unis. C'était très, très douteux. J'ai raccroché tout de suite.»

Une autre femme, qui a été harcelée tout l'été, a été perturbée par le dernier appel qu'elle a reçu. «Je suis allée vérifier sur internet. C'était une compagnie de Montréal. OilStream, ou quelque chose du genre. Ils me disaient qu'ils pouvaient m'aider à faire des économies sur Hydro-Québec. Ils m'ont posé des questions sur ma maison. Dès que j'ai entendu ça, je leur ai dit que je n'étais pas intéressée. La personne est devenue extrêmement arrogante», a-t-elle relaté.

L'arnaque la plus commune au pays demeure les faux agents de revenu Canada. Environ 10 600 appels du genre ont été recensés depuis janvier au Centre antifraude du Canada. Il s'agit d'une baisse par rapport à l'an dernier, mais l'année 2017 n'est pas terminée et la période des Fêtes entraîne généralement une recrudescence du phénomène.

«Avec cette fraude-là, leur but, c'est de voler votre argent. Ils veulent faire peur au monde en disant que c'est le gouvernement, la police ou l'Agence du revenu du Canada», a expliqué Alain Boomhour, chef d'équipe au Centre antifraude du Canada.

D'ailleurs, les interventions du Centre antifraude demeurent plutôt limitées. Puisque l'organisme n'a pas le pouvoir d'enquêter, les dossiers sont refilés aux différents corps policiers canadiens. Comme les numéros utilisés par les arnaqueurs sont désactivés quelques jours, voire quelques heures après avoir placé des appels, il devient difficile de retracer les fraudeurs et de les traîner devant la justice.

Certains citoyens ont choisi de se placer sur la Liste nationale de numéros de téléphone exclus du CRTC, en vain. Le directeur de la mise en application de la loi en télécommunications du CRTC, Alain Garneau, admet qu'il y a des lacunes puisque la technologie change rapidement. «Actuellement, il y a trois aspects au niveau réglementaire que le CRTC regarde: le blocage d'appels, le filtrage systématique d'appels et ce qu'on appelle l'authentification des appels. Ce que le CRTC propose, c'est d'obliger les entreprises de télécommunication à bloquer tous les numéros de mystification d'appels, qui sont manifestement illégitimes. J'entends par là des numéros qui ne correspondent pas aux standards nord-américains, comme 000 ou 111.»

«On a des limites en ressources et en moyens. Néanmoins, on en reçoit de ces plaintes-là. On fait le suivi, on en tient compte. Nos unités de renseignements nous font des rapports. C'est évident que, lorsqu'on a un numéro qu'on est capables de rattacher à un individu ou à une entité canadienne, ou que c'est en lien avec un Canadien, on a le pouvoir de faire enquête. Et on va le faire», a ajouté M. Garneau.

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