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Pénurie de main-d’œuvre

Manque criant de camionneurs en Estrie

TVA Nouvelles

Le manque de camionneur est particulièrement marqué en Estrie, au point où des entrepreneurs doivent même freiner leur projet d’expansion faute de main-d’œuvre.

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C’est le cas chez Transport Memphré, une compagnie de Magog. Le transporteur vient d'acquérir trois camions, qui coûtent chacun près de 170 000 $. Pourtant, un de ces véhicules n'a pas bougé du stationnement depuis des jours, même si le carnet de commandes de l'entreprise qui ne dérougit pas.

«C’est un peu frustrant d’être freiné, parce que la demande est là, dit le directeur des opérations, Simon Fournier. [...] On pourrait rajouter cinq unités facilement, mais compte tenu de la pénurie de main-d’œuvre, on n’ose pas.»

La main d'œuvre dans l’industrie du camionnage se fait rare. D'ici 2020, ce secteur aura besoin de 52 000 travailleurs, que ce soient des conducteurs, des répartiteurs ou des mécaniciens.

Les conditions de travail, pas toujours faciles, peuvent aussi décourager certaines personnes qui seraient intéressées à découvrir ce milieu.

«Je suis payé au "millage", donc on ne compte pas les heures, mentionne un camionneur rencontré par TVA Nouvelles. Quand on les compte, on est découragé un peu. [...] On est à la merci des clients, du trafic; on ne peut pas se dire qu’on va être revenu [au garage] à 9 h le soir... On ne le sait pas.»

L’industrie est d'ailleurs passée en mode recrutement : elle informe les jeunes des perspectives d’emploi alors qu’ils sont en choix de carrière et effectue des opérations à l’étranger pour attirer des chauffeurs.

Au Québec, plus de la moitié du transport de marchandises s'effectue par camion; il s’agit de retombées économiques de 8,4 milliards de dollars pour la province.

Dans le milieu du transport en vrac, ce sont les salaires qui expliquent le manque de relève.

«Ça fait trois ans de file que le taux à l'heure baisse, déplore un camionneur. Les revenus ne sont pas bons et c'est de plus en plus sévère avec les contrôles routiers.»

Cette situation ne touche pas seulement l’Estrie. Au Centre-du-Québec, la compagnie SGT 2000 a une flotte de 300 véhicules; de ce nombre, une cinquantaine de ces camions sont immobilisés depuis plusieurs mois en raison du manque de travailleurs.

-D’après le reportage de Kariane Bourassa

 

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