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Retrouvée inconsciente à l’extérieur

Une jeune mère de famille droguée à son insu lors d’un party de Noël

TVA Nouvelles

Un party de Noël a viré au cauchemar pour une jeune mère de famille de Trois-Rivières.

Jinny Pageau-Authié, 34 ans, a été retrouvée inconsciente en pleine rue, samedi soir, au centre-ville. Elle aurait passé une trentaine de minutes à l'extérieur.

Selon toute vraisemblance elle aurait ingéré une substance plus puissante que le GHB, aussi appelée drogue du viol.

«Les deux premières consommations, ça allait bien, raconte Mme Pageau-Authié, en entrevue avec TVA Nouvelles. Arrivée à ma troisième coupe de vin, j’ai senti que ça n’allait plus bien du tout. J’étais déboussolée et j’étais extrêmement euphorique.»

C'est une passante qui a alerté l'ambulance, sans quoi la mère de trois enfants aurait pu mourir gelée.

«J’ai été conduite à l’hôpital, je n’ai plus trop de souvenirs, peut-être un peu quand je suis arrivée à l’urgence où je me suis réveillée quelques minutes, relate la femme. Puis je suis retombée inconsciente et j’étais rendu à un stade où j’étais dans le coma. Je ne réagissais plus à rien du tout.»

Jinny Pageau-Authié affirme avoir été par la suite transférée aux soins intensifs où elle a été intubée. Elle soutient avoir été «complètement paniquée» au moment de son réveil, dimanche matin.

«Je ne savais pas ce qui s’était passé, souligne-t-elle. C’est là que les infirmières puis mon mari m’ont raconté en gros ce qui s’était passé. Ce que le médecin avait dit.»

Au total, elle aurait sombré deux fois dans le coma.

La mère de famille explique que cette expérience lui a laissé «beaucoup de séquelles» tant physiques que psychologiques. Elle espère que son témoignage incitera d’autres femmes à dénoncer ce genre d’incidents.

Elle a d'ailleurs l'intention de porter plainte à la police.

Voici le message intégral publié sur la page Facebook de Jinny Pageau-Authié:

«Samedi soir le 2 décembre. Party de Noel des employés de mon mari dans un restaurant du centre-ville de Trois-Rivières. Une belle soirée s'annonce. Toutefois, après environ 2h et 3-4 consommations je perds un peu la carte. Je me souviens que je ne me sens pas bien du tout et je veux rejoindre mon mari qui est avec des collègues. J'ai conscience que je sors dehors en petite robe pas de manteau. Il fait -5 degrés.

Prochain flash : Je suis à l'urgence, je marmonne 2 phrases, ensuite black out jusqu'au lendemain matin où je me réveille intubée aux soins intensifs. La panique me prend.

On me raconte qu'on m'a retrouvé à une centaine de mètres du restaurant, couché en croix au sol, inconsciente. J'ai plongé dans un coma, je réagissais à rien. On a retrouvé des traces d'une substance illicite dans mon sang. Dû à mon état, on n'a pas eu le choix de me transférer aux soins intensifs.

Verdict : J'ai été victime d'une soumission chimique.

Heureusement, aucun acte d'agression sexuelle ne semble avoir été commis sur moi. Mais j'ai failli mourir. Je remercie cette femme inconnue qui m'a retrouvé et à appelé les secours.

3 jours plus tard, j'ai des séquelles physiques et psychologiques : somnolence, étourdissements, maux de têtes, cage thoracique blessée ( suite à un massage cardiaque), difficulté à dormir dû à la douleur et au stress. Mais surtout, beaucoup de questions qui restent sans réponse.

J'ai laissé un message hier à la policière qui était sur les lieux ce soir là pour déposer une plainte et ouvrir une enquête. Je veux attraper cet agresseur. Attraper ce moins que rien, ce lâche, ce porc pour ne pas qu'il fasse d'autres victimes. Malgré la douleur physique et psychologique, j'ai cette rage de protéger les prochaines femmes.

Ajout :

Comme quoi que même à 34 ans et accompagnée de son mari, on peut être victime de cela. Merci pour vos mots, ça me touche beaucoup.

Vous pouvez évidemment partager. Je trouve qu'on parle très peu de ces situations où la majorité des victimes sont des femmes. Pour moi, mettre une substance illicite dans le verre de quelqu'un est un crime très grave. Même s'il n'y a pas eu d'abus sexuel, le geste de vouloir commettre un crime y était, sans compter que c'est la vie de la personne qui est le plus en jeu. Alcool + les drogues du viol peuvent mener à la mort. Tu ne deviens pas juste un violeur, tu peux vite devenir un meurtrier. Peut-être les agresseurs vont pouvoir réfléchir à cela...»