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Pénurie de personnel

Des commerces incapables de respecter l'horaire prolongé des Fêtes

Valérie Fortin | TVA Nouvelles

Des gérants et des propriétaires de commerces vivent, avec angoisse, la période du temps des Fêtes, alors qu’ils sont nombreux à être incapables de recruter du personnel au moment où les heures d'ouverture sont étendues.

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La situation est devenue problématique à un point tel à Saguenay qu'il est impossible pour certains commerces de respecter l'horaire du temps des Fêtes. Depuis le 1er décembre, les heures d'ouverture sont prolongées tous les soirs en semaine.

«C'est un fléau! Un fléau! [...] Les CV sont très rares. Ce n'est pas juste des emplois à temps partiel-là, ce sont des postes de gestion, de gérant, d'assistant, c'est difficile à tous les niveaux», a dit, inquiète, Andrée Boudreault, qui supervise 13 magasins de chaussures Nero Bianco et Club C au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Mme Boudreault est dans le domaine du commerce de détail depuis 30 ans, et jamais elle n'a vécu une situation aussi critique. «Ça demande, pour les gens déjà en place, un surplus de travail», a-t-elle indiqué.

Les employés doivent mettre les bouchées doubles pour compenser le manque de personnel. Les gérants et les propriétaires de boutiques doivent aussi être en poste les soirs et les week-ends.

À Place du Royaume, le plus gros centre commercial de la région, les affiches d'offres d'emploi sont nombreuses dans les vitrines des magasins. Sur 140 boutiques, une trentaine d'annonces sont bien visibles.

Le problème est généralisé. «Soirs, fins de semaine, les congés vont être assez rares d'ici au 24 décembre», a soutenu Sonia Simard, gérante d'une boutique de vêtements pour enfants à Place du Royaume. Mme Simard n'arrive pas non plus à trouver des employés. C'est elle qui devra travailler tous les soirs et les week-ends jusqu'à Noël.

Dans l’arrondissement de Jonquière, ça ne va pas mieux non plus. «Le problème, c'est que c'est moi qui vais être obligée de compenser et de faire les heures», a dit Nancy Grenon, propriétaire de la boutique Lingerie L'Air femme.

Seule, elle n'y arrive pas. Elle est incapable de respecter l'horaire des Fêtes. Elle a donc décidé de fermer son magasin certains soirs de semaine.

«Les gens ne veulent plus travailler ces heures-là [les soirs et les week-ends]. Mais, malheureusement, on est ouverts! Alors qu'est-ce qu'on fait? On a un sérieux problème», a-t-elle ajouté découragée.

Cette pénurie de personnel la force même à se questionner sur l'avenir de son commerce, dont elle est propriétaire depuis 17 ans.

Selon les prévisions d'Emploi-Québec, 14 500 emplois seront à pourvoir dans le secteur du commerce de détail d'ici 2019, à travers la province.

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