/regional/montreal/montreal

«Une situation de crise»

Des parents inquiets du manque d’écoles au centre-ville

Zacharie Goudreault

 - Agence QMI

GEN-METEO-MONT-ROYAL

JOEL LEMAY/AGENCE QMI

L'absence d'une école primaire dans l'ouest du centre-ville de Montréal nuirait au bien-être de nombreux enfants, qui doivent réaliser quotidiennement un long trajet en autobus pour se rendre dans des classes déjà bondées, déplorent des parents du quartier Peter-McGill.

La mère de famille Sabine Philippides, qui réside sur la rue Crescent, déplore que son fils de huit ans doive effectuer un long trajet en autobus pour se rendre à l’école Saint-Léon-de-Westmount, dont la bibliothèque a dû être supprimée il y a quelques années afin de créer davantage de locaux pour répondre à l’augmentation constante du nombre d’élèves.

«Les cours de musique [de mon fils] l’an dernier étaient au sous-sol dans une salle sombre qui n’est pas aménagée pour donner des cours. C’est stressant pour les enfants. Ça peut affecter la réussite scolaire», estime-t-elle.

L’école de Westmount accueille actuellement 71% des 406 élèves au primaire et à la maternelle du quartier Peter-McGill, tandis que d’autres étudient par exemple à Saint-Henri et à Griffintown.

«Une situation de crise»

Selon les prévisions de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), le nombre d’élèves à la maternelle et au primaire dans le quartier Peter-McGill devrait grimper d’environ 30 % d’ici cinq ans pour atteindre plus de 570 enfants.

Graham Singh, qui a trois enfants, dont deux fréquentent l’école Saint-Léon-de-Westmount, craint que son garçon de deux ans n’ait à subir «la situation de crise» qu’entraînera selon lui le manque d’écoles au centre-ville dans les prochaines années.

«À un moment donné, si les services ne sont pas là, les familles vont s’en aller», a prévenu la commissaire scolaire de Ville-Marie, Stéphanie Bellenger-Heng.

Trois écoles

Afin de combler un besoin équivalent à 37 salles de classe, la CSDM a déposé à la rentrée trois dossiers d’opportunité réclamant la création de nouvelles écoles dans l’ouest du centre-ville, dont une serait située sur le site de l’ancien Hôpital pour enfants de Montréal.

La réponse du ministère de l’Éducation, qui est nécessaire à la réalisation de ces projets, se fait toutefois attendre. «On trouve que le gouvernement reste assis sur ses mains et ne bougent pas beaucoup dans cette affaire-là», a déploré le responsable du Projet Impact Collectif de la Table Interaction, Matthieu Pajot.

L’attaché de presse du ministère de l’Éducation, Bryan St-Louis, a simplement indiqué que les dossiers d’opportunité des commissions scolaires «sont en cours d’analyse».