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En attente de procès

Encore un arrêt des procédures pour le Hells Salvatore Cazzetta

Éric Thibault | Agence QMI

L’ancien leader des Hells Angels Salvatore Cazzetta a reçu un cadeau de Noël à l’avance, mercredi matin au palais de justice de Montréal, en profitant de son troisième arrêt des procédures en six ans.

Le motard de 61 ans était en attente de procès, prévu à l’hiver 2018, face à une accusation de recel d’une somme d’argent provenant de la criminalité depuis son arrestation dans l’opération Mastiff, en novembre 2015.

Cette accusation a finalement été abandonnée par la Couronne, mercredi, et le juge Daniel Bédard a aussitôt libéré le Hells qu’on surnomme «La barbe» dans le monde interlope.

21 mois en taule

La poursuite n’a pas justifié sa décision. Toutefois, le 11 août dernier, ses procureurs avaient convenu avec la défense, devant le tribunal, que si Cazzetta devait être déclaré coupable de recel au terme d’un procès, il aurait alors déjà purgé sa peine.

Le natif du quartier Saint-Henri venait d’être libéré sous caution après avoir passé 21 mois en détention provisoire. Il avait notamment subi une intervention chirurgicale au coeur quelques semaines avant d’être écroué à la prison de Rivière-des-Prairies.

Les accusations de complot et de gangstérisme qui avaient été portées contre lui à la suite de cette rafle policière avaient également été écartées plus tôt cette année au terme de requêtes de la défense.

Déjà-vu

Salvatore Cazzetta est l’un des rares motards québécois à pouvoir se vanter de s’être sorti indemne de trois opérations policières majeures dans lesquelles il a été inculpé.

En mai 2011, dans l’opération SharQc, il faisait partie des 31 Hells accusés de trafic de drogue et de gangstérisme qui ont été libérés par le juge James Brunton parce qu’ils n’auraient pu être jugés dans des délais raisonnables.

Puis, à l’automne 2016, après que ses avocats eurent plaidé l’arrêt Jordan, il obtenait le même résultat pour les accusations de fraude déposées contre lui en 2009 dans le projet Machine, relativement à un réseau de contrebande de tabac.

Cazzetta avait fondé les Rock Machine en 1989 avant d’être extradé aux États-Unis en 1994 et condamné pour importation de cocaïne.

À son retour au pays en 2004, son gang s’était sabordé après avoir livré une guerre meurtrière aux Hells Angels pour le contrôle du marché des stupéfiants. Cazzetta a joint les rangs des Hells l’année suivante comme plusieurs ex-Rock Machine. Il est ensuite devenu leur leader entre 2011 et 2015, alors que la bande était toujours décimée par l’opération SharQc.

- avec la collaboration de Michaël Nguyen

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