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Lock-out des concessionnaires automobiles

Plus de 45 000 $ réclamés à d'ex-syndiqués de la CSD

Jean-François Tremblay | TVA Nouvelles

Le long lock-out des concessionnaires automobiles du Saguenay-Lac-Saint-Jean est terminé depuis bientôt deux ans, mais il continue de provoquer de nouvelles répercussions qui pourraient coûter cher à d'ex-syndiqués de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD).

Ces travailleurs mis en lock-out à l'époque contestent un remboursement que leur réclame leur ancien syndicat.

Le lock-out avait duré 34 mois, entre février 2013 et janvier 2016. Le Syndicat régional des employés de garage affilié à la CSD en est sorti avec des dettes de plus de 6 millions $.

Mais aujourd'hui, un groupe de travailleurs conteste le remboursement qui lui est réclamé depuis décembre 2016.

Trois mois après la fin du conflit, 40 employés de Rocoto Toyota, de LG automobile et d'Alma Toyota avaient démissionné de la CSD pour adhérer à l'Union des opérateurs et employés de service du Québec.

Leur ancien syndicat leur a alors réclamé 45 240 $ chacun afin de rembourser une partie de sa dette. Mais les travailleurs contestent l'ampleur du montant qui leur est demandé.

«Les gens n'ont jamais refusé de payer sauf qu'ils contestent le montant qui est réclamé en disant qu'ils n'ont pas reçu ces montants-là», a déclaré le président de l’Union des opérateurs et des employés de service du Québec, Yves Imbeault.

Dans ses arguments déposés au tribunal, la défense attaque la CSD en affirmant que les négociations ardues avant le lock-out permettaient de comprendre que le conflit serait de longue durée.

Les 40 défendeurs ajoutent dans le document: «Les prestations de conflit destinées à être versées pendant le lock-out étaient hors proportion. Le demandeur (le syndicat CSD) n'avait pas la capacité financière de verser une somme hebdomadaire de 150 $ et ensuite de 175 $ aux 450 salariés. L'entêtement du demandeur à maintenir des prestations de conflit conduisait à un endettement inévitable, ce qui était un non-sens vu sa situation et sa capacité financière».

Cette façon de faire de la CSD ne rejoint pas Yves Imbeault. «Ce n'est pas un club social, un syndicat. Surtout pas lorsqu'on est en conflit de travail pendant un lock-out. Le but du syndicat est de voir aux intérêts de ses membres. Ils ont peut-être été négligents de ce côté-là», a-t-il dit.

Le groupe de défendeurs estime ne pas faire partie des emprunts effectués par le syndicat CSD ni en être la caution, ni être obligé de rembourser au-delà des cotisations syndicales.

Selon eux, d'autres dettes d'opérations ont été insérées dans la réclamation

Le nouveau syndicat qui les défend estime qu'il n'est pas question de rembourser un endettement injustifié et qui résulte d'une mauvaise administration.

«Ce sont des droits que ces travailleurs-là ont. Ils ont droit à une défense pleine et entière et c'est ça qu'on va s'appliquer à faire», a conclu Yves Imbeault.

Cette autre bataille risque d'être longue. La réclamation d'origine date d'il y a un an. La réplique de la défense a été déposée il y a 20 jours. Le 21 décembre, les deux parties espèrent obtenir de la cour une date pour une première audience devant le tribunal.

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