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Main d'oeuvre

281 nouvelles mises à pied au chantier Davie

Taïeb Moalla et Marc-André Gagnon | Agence QMI

En l’absence de nouvelle commande du gouvernement fédéral, Chantier Davie Canada n’a eu d’autre choix que de procéder à 281 nouvelles mises à pied, jeudi après-midi, a appris Le Journal.

Ces mises à pied s’ajoutent aux 113 effectuées il y a deux semaines, ce qui porte à 394, soit près de 400, le nombre total de travailleurs licenciés de façon temporaire.

«Pour nous, évidemment, c’est une autre journée sombre pour le chantier», a confirmé le porte-parole du chantier Davie, Frédérik Boisvert.

«C’est 281 travailleurs qui sont éminemment qualifiés, qui vont passer un temps des Fêtes triste en compagnie de leurs familles, qui doivent payer leurs hypothèques, leurs comptes d’électricité, subvenir à leurs besoins et ceux de leurs enfants», a-t-il souligné.

800 mises à pied d'ici Noël

Cette deuxième vague de mises à pied avait d’abord été prévue la semaine dernière, mais la direction du chantier a décidé de la repousser de quelques jours afin de compléter les travaux de finition sur le navire ravitailleur Asterix, qui sera bientôt livré à la Marine royale canadienne.

Les espoirs reposaient sur la commande d’un deuxième navire du même genre, baptisé Obelix, mais le gouvernement Trudeau a fait savoir qu’il n’en a pas besoin, et ce même deux comités d’élus à la Chambre des communes et au Sénat disent le contraire.

Il faut s’attendre à ce que le nombre de mises à pied double d’ici Noël, pour atteindre 800.

Devant les pressions exercées par l’ensemble des partis représentés à l’Assemblée nationale et les gens d’affaires, en plus maires et de Lévis, les échanges avec Ottawa se sont intensifiés au cours des derniers jours.

«Il y a beaucoup de discussions en cours», a raconté M. Boisvert, mais «rien de concret» pour éviter d'autres mises à pied.

Jusqu’à 500 emplois indirects menacés

Réunis à l’occasion d’un point de presse, en début de journée, M. Boisvert et le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, ont avancé qu’à ces 800 mises à pied, risquent de s’ajouter, à court terme, environ 350 pertes d’emplois indirects dans la grande région de Québec.

Ces données proviennent d’une enquête en ligne réalisée auprès de la Fondation Chefs d’entreprise. À très court terme, au moins trois fournisseurs de la Davie prévoient mettre un terme à leurs activités.

Selon ce qu’il a été possible d’apprendre, le nombre d’emplois indirects perdus en lien avec le ralentissement des activités du chantier Davie pourrait grimper à 500 vers la mi-janvier.

«Ces résultats confirment nos inquiétudes. Le gouvernement fédéral a la possibilité d’agir dès maintenant pour préserver ces emplois et assurer la pérennité d’un chantier qui a fait ses preuves par le passé», a indiqué M. Lehouillier en jurant qu’il fera du maintien de la Davie «une question nationale au Québec».

Selon le maire, «c’est la victoire des lobbyistes à Ottawa. On veut vraiment casser le chantier de la Davie».

Au gouvernement Trudeau «de se réveiller»

M. Boisvert, de son côté, a demandé au gouvernement Trudeau «de se réveiller (et) de mettre ses culottes» pour accorder de gré à gré le contrat de construction du navire Obélix à la Davie.

S’exprimant au nom des fournisseurs de la Davie, Fabien Lambelet, fondateur de Zone SST Santé et Sécurité du Travail, a affirmé que sa PME pourrait devoir mettre à pied plusieurs employés en cas de disparition du chantier maritime.

Tous les intervenants ont répété que la Davie réclamait «sa juste part» des contrats navals et qu’il ne s’agit aucunement de demander «la charité» à Ottawa.

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