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Langue française

Le débat autour du «Bonjour/Hi» irrite les anglophones

TVA Nouvelles

Le débat autour de la formule de salutation «bonjour/hi» s’est transporté du côté de la communauté anglophone de Montréal où, là aussi, les remous sont nombreux.

Le 30 novembre, l’Assemblée nationale a voté une motion encourageant les commerçants à laisser tomber la formule «bonjour/hi» au profit d’un simple «bonjour».

Selon le chroniqueur à la station CJAD et au quotidien The Gazette Dan Delmar, la communauté anglophone a trouvé «bizarre» l’adoption de la motion, comme plusieurs membres de la communauté francophone, spécifie-t-il.

«Je ne crois pas que c’est une réaction extraordinaire. Quand un gouvernement dit quoi dire ou quoi ne pas dire, il va y avoir une certaine réaction, avance-t-il. Ce ne sont pas seulement les anglophones qui ont été offusqués par cette motion-là, il y a beaucoup de francophones qui ont aussi trouvé ça bizarre.»

M. Delmar croit que l’Assemblée nationale est allée trop loin en adoptant une mesure qui, selon lui, n’est en aucun cas une solution aux véritables enjeux de la langue française.

«Les enjeux derrière le “bonjour/hi” sont vrais. La qualité de la langue française, comment promouvoir la langue et comment la répandre, ce sont de vrais enjeux. Attaquer une forme d’expression, pour moi, ce n’est pas une solution», souligne-t-il.

La place du français au centre-ville

La polémique autour de l’utilisation du «bonjour/hi» est née de la tenue en anglais d’un événement de lancement dans la nouvelle boutique Adidas du centre-ville de Montréal. Le gérant francophone s’était alors excusé d’utiliser la langue de Molière.

Pour M. Delmar, la situation du français est un problème, mais il est moins grave qu’on voudrait le faire croire.

«C’était malhabile ce qui s’est produit au Adidas, il faut prendre conscience de la réalité des francophones, mais c’est quand même un citoyen privé», note le chroniqueur.

Il évoque une statistique de l’Office québécois de la langue française selon laquelle 3 % des commerces du centre-ville seraient incapables de fournir un service adéquat en français.

«Pour un petit 3 %, je ne crois pas que ça vaut la peine de piquer une crise.»

Jeudi matin, le Premier ministre s’est adressé à la communauté anglophone dans leur langue à l’Assemblée nationale pour rappeler qu’ils étaient, comme les francophones, des citoyens de «de première classe».

«Si le français est notre langue officielle, l’anglais n’est pas une langue étrangère pour autant», a-t-il déclaré.

Une déclaration appréciée par M. Delmar, d’autant plus que le premier ministre s’exprime très rarement en anglais à l’Assemblée nationale.

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