/news/politics

Présentation d'un plan d'action

Québec veut sortir 100 000 personnes de la pauvreté

Martin Lavoie

 - Agence QMI

Le gouvernement Couillard a dévoilé dimanche son plan de lutte à la pauvreté qui prévoit des investissements de près de 3 milliards $ d’ici 2023. Il introduit la notion de revenu de base pour les personnes avec des contraintes sévères à l’emploi qui devrait leur permettre de sortir de la pauvreté en six ans.

Le plan d’action comprend 43 mesures qui visent notamment à sortir 100 000 personnes de la pauvreté.

Actuellement, le gouvernement considère qu’un peu plus de 800 000 Québécois ont un revenu inférieur au seuil de la pauvreté, qui est évalué à 18 012 $ par année pour une personne seule.

Le revenu minimum est introduit pour les prestataires de la solidarité sociale ayant des contraintes sévères à l’emploi depuis au moins 66 mois au cours des six dernières années. Une personne seule verra ses revenus augmenter d’environ 880 $ par année pour chacune des six années du plan. Cette personne seule, qui a reçu 12 749 $ en 2017, percevra 18 029 $ en 2023, avant indexation, ce qui dépassera légèrement le seuil de pauvreté.

 

Modifications législatives

Le premier ministre Philippe Couillard a déclaré vouloir changer la loi actuelle d’ici la fin de son présent mandat afin de permettre l’instauration du revenu minimum.

François Blais, ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, a indiqué que ces changements touchaient le relâchement des contrôles, la possibilité de cohabiter sans pénalité et de garder une part plus importante d’éventuels revenus d’emploi. «C’est un véritable revenu socle en faveur des personnes aux prises avec des difficultés insurmontables», a dit M. Blais. Ce programme représente 1,25 des 3 milliards $ injectés.

L’emploi

L’aide financière de dernier recours, pour les personnes aptes au travail, sera légèrement améliorée. L’effet final pour une personne seule sera de 540 $ annuellement en 2021.

Dans le contexte de rareté de main-d’œuvre, le gouvernement a plutôt décidé d’y aller avec des mesures incitatives à l’emploi. Il hausse le seuil d’exemption mensuel de revenus de travail (de 100 à 200 $ pour une personne seule), instaure un supplément au revenu, modifie le calcul de la contribution parentale et de bonifie les primes au travail.

Il accorde aussi un boni de maintien de l’emploi de 1000 $, reconnaît le statut d’adulte à l’enfant majeur qui complète son secondaire et dont les parents sont bénéficiaires et exclut les dons mensuels jusqu’à concurrence de 100 $.

Le ministre Blais a aussi réagi à la mise en place de la loi 70, le 1er avril, qui forcera les bénéficiaires d’une première prestation à rencontrer un agent. «On veut que les prestataires viennent nous voir pour les accompagner. Tous les pays sociaux-démocrates utilisent ce type d’instrument.»

Réactions

«Ce n’est pas un plan de lutte contre la pauvreté, c’est un plan d’intégration au travail», a répliqué Serge Petitclerc, porte-parole du collectif Pour un Québec sans pauvreté. On n’a pas attaqué les fondamentaux qui sont d’améliorer le salaire minimum, les services publics et les protections sociales pour que tout le monde se retrouve avec un revenu décent.»

«C’est vraiment un rendez-vous manqué pour aider l’ensemble des personnes à l’aide sociale. Ce qui va arriver quand tu ne réponds pas à tes besoins de base c’est que tu handicapes dans santé et éventuellement tu vas te retrouver avec une contrainte sévère», a pour sa part déclaré Yann Tremblay-Marcotte, du Front commun des personnes assistées sociales du Québec.