/news/law

Gaspésie

Un psychologue en couple avec deux ex-patientes

Héloïse Archambault | Agence QMI

Photo d'archives | Collaboration spéciale Nelson Sergerie

Un psychologue de la Gaspésie a reconnu avoir eu une relation amoureuse avec une femme à qui il avait suggéré de se séparer de son époux en raison de problèmes conjugaux.

Pascal Soucy a plaidé coupable à trois chefs d’inconduite sexuelle devant le Conseil de discipline de l’Ordre des psychologues du Québec (OPQ), en novembre dernier.

«La gaffe»

Il a notamment reconnu avoir développé des relations de couple en 2012 et en 2015 avec deux patientes qu’il avait suivies en thérapie (leur identité est protégée).

C’est l’ex-conjoint d’une des patientes qui a porté plainte à l’Ordre, en 2016. Ce dernier avait découvert que son ex-femme avait une liaison amoureuse avec M. Soucy, quelques semaines seulement après la fin de leur thérapie conjugale.

«Le psychologue leur a recommandé de réussir leur séparation plutôt que de réparer leur couple», a résumé Me Pascale Vigneau, avocate du syndic de l’OPQ.

Lorsqu’il a été contacté par l’Ordre à ce sujet l’an dernier, M. Soucy a «admis avoir fait la gaffe», a témoigné le syndic Robert Vachon.

Par ailleurs, le psychologue a aussi avoué à l’enquêteur avoir eu une relation amoureuse de quelques années, dès 2012, avec une autre ex-patiente. Selon le syndic, cette relation de couple a été «houleuse».

«Elle était plutôt hésitante à me parler, a dit M. Vachon, à propos de la patiente en question. La situation était très difficile pour elle.»

Psychologue blessé

D’ailleurs, la femme avait même porté plainte à la police contre M. Soucy pour une histoire de violence, mais aucune accusation n’a finalement été portée. Selon l’avocate du psychologue, ce dernier «a été le plus blessé» dans cette histoire.

«Il en a subi les conséquences difficiles», a plaidé Me Sonia Cyr.

Dans son bureau, M. Soucy a reconnu avoir eu des rapports sexuels avec une des deux patientes, et d’avoir «probablement embrassé fort» l’autre femme, selon le syndic.

Par ailleurs, M. Soucy a aussi plaidé coupable d’avoir eu des propos sexuels déplacés auprès d’une patiente qui avait un antécédent d’agression sexuelle.

Selon le syndic, il lui aurait raconté de façon explicite la première fois qu’il avait fait l’amour dans un sous-sol, notamment qu’il «roulait la bille» de sa partenaire.

«La cliente n’a vraiment pas aimé ça» et a cessé de le voir à partir de ce moment-là, a dit Me Vigneau.

«Langage coloré»

Selon le syndic, M. Soucy a «reconnu avoir eu un langage coloré », mais ne voulait pas blesser la cliente. Le psychologue n’a pas souhaité témoigner pour sa défense.

Selon son avocate, M. Soucy n’a pas profité de sa relation professionnelle « pour obtenir des faveurs dans son bureau.»

Les deux partis ont recommandé une radiation temporaire de six ans, ainsi qu’une amende de 5000 $. Le syndic a demandé que l’argent soit versé à une des deux patientes pour compenser des séances de thérapies.

Si la sanction est entérinée, M. Soucy devra retourner devant le Conseil de discipline avant de reprendre sa pratique.

Dans la même catégorie