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Cinquantaine de nouveaux arrivants

Un vol vers Val-d’Or pour des immigrants qui cherchent un emploi

Francis Halin - Agence QMI

Francis Halin

Une cinquantaine de nouveaux arrivants sont montés à bord d’un petit avion d’Air Creebec vendredi matin, à destination de Val-d’Or à la recherche d’un nouvel emploi et ils sont revenus avec la promesse d’une vie meilleure.

« J’ai deux offres de poste vraiment sérieuses. Je ne peux pas en dire plus, mais c’est très bien », s’est enthousiasmé Raquel Merino, du Pérou, dans la file pour s’enregistrer pour le vol du retour.

Si les candidats avaient souvent une offre en poche avant d’aller à Val-d’Or, ils en avaient deux, trois... ou même quatre en fin de journée vendredi.

Malgré la fatigue, Alonso Talavera, ingénieur spécialisé en environnement, avait le sourire plus grand encore que le matin. « C’est positif. Très positif. On va étudier les offres », a-t-il commenté, sur le chemin du retour.

Opération d’envergure

Hélène Paradis, directrice générale de la Chambre de commerce de Val-d’Or, était impressionnée par la qualité des candidats. « C’est la première fois qu’on a une opération de charme d’une telle envergure », témoignait-elle avec fierté en fin d’après-midi. Plus de 98 % des compagnies du coin sont en mode recrutement.

Benoît Malric, responsable de la visite éclair à la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), était heureux de voir la magie opérer toute la journée entre travailleurs et employeurs grâce au projet pilote de la FCCQ et d’Emploi-Québec.

Journée marathon

Ça a commencé à 6 h 30 du matin. Des candidats, souvent déjà séduits par les grands espaces, débarquent au hangar Air Creebec pour participer à cette journée marathon.

Tous caressent le rêve d’un avenir meilleur. Plus de la moitié ont déjà une offre sur la table. Ils sont impatients de faire connaissance avec leur futur employeur.

Après un vol d’un peu plus d’une heure, l’excitation augmente. À l’entrée de l’aéroport, une haie les accueille, dont fait partie Pierre Corbeil, maire de Val-d’Or.

Pas une seconde à perdre. On courtise les candidats avec un sac-cadeau. Ils montent dans l’autobus du club de hockey des Foreurs de Val-d’Or pour un tour de la municipalité de 33 000 habitants.

Le groupe se divise ensuite en trois. Une partie descend à l’usine de bois d’ingénierie d’Uniboard, une autre à Meglab, une compagnie d’équipement minier, et un dernier groupe à la mine Goldex.

Avant de visiter l’usine, un responsable de la mine Goldex s’empresse de dire qu’elle ne cherche pas que des mineurs. Elle a soif de gens en ressources humaines, d’infirmières, de kinésiologues, comme de soudeurs ou de comptables.

Lyes Hachour

« Je suis venu ici parce qu’il n’y a pas que l’argent dans la vie », dit Lyes Hachour, un jeune trentenaire arrivé au Québec il y a deux ans, quelques minutes avant de monter à bord de l’avion pour l’Abitibi. Il gagnait bien sa vie en Algérie, dans le secteur pétrolier. Il sentait que sa vie était ailleurs. En 2015, il s’installe au Québec pour rejoindre une partie de sa famille, mais il voit vite qu’il ne trouvera pas d’emploi dans le pétrole ici. Il s’inscrit à un DEP en électromécanique. Après un boulot chez Dollarama et dans une usine, il a hâte de finir ses études pour faire ce qu’il aime. « Si je trouve une bonne offre, je déménage là-bas », dit-il sans hésiter.

Lyes

 

Kamal Simoud

« C’est le Québec qui a besoin de ces gens-là. Le Québec a intérêt à les garder, sinon ils vont repartir ailleurs, c’est aussi ça qu’il faut comprendre », lance Kamal Simoud en montrant le groupe de travailleurs en file pour monter à bord de l’avion au départ. Originaire d’Algérie, le technologue en génie civil est arrivé au pays il y a à peine deux mois. Il mise beaucoup sur le Québec. Selon lui, il est faux de dire que les gens immigrent seulement pour le travail. C’est aussi pour embrasser une autre vie. M. Simoud prend un air sérieux lorsqu’il dit qu’il veut que ses enfants grandissent ici : « Je souhaite que le jour où mon fils sera grand, il me dise : “Merci papa de m’avoir amené ici” », confie-t-il, des étoiles dans les yeux en pointant du doigt les gros flocons de neige qui se déposent sur les ailes de l’avion.

Francis Halin

 

Raquel Merino

« Beaucoup d’entre nous laissent de belles carrières dans leur pays d’origine. Ç’a été mon cas. Je travaillais dans une multinationale bien connue au Pérou », partage Raquel Merino, installée à Montréal depuis six ans. Mme Merino a un souvenir amer de son expérience montréalaise. Malgré son baccalauréat en ressources humaines et toutes les équivalences qu’on lui a demandé de faire, elle n’a jamais pu trouver un poste à la hauteur de ses attentes. Elle en veut aussi aux stages offerts sur un plateau d’argent qui n’ont abouti à rien. Elle est convaincue que l’Abitibi lui ouvrira ses portes. « Après six ans, on me dit encore parfois que mon expérience ne vaut rien ici », regrette-t-elle, avant d’entrer à l’usine de la mine d’or Goldex qui dit rechercher des candidats en ressources humaines comme elle.