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Situation dénoncée par le RCLALQ

Des milliers de locataires expulsés chaque année

TVA Nouvelles

Chaque année, des milliers de locataires sont expulsés par leur propriétaire qui souhaite rénover, maximiser ses profits ou y loger un membre de sa famille. Alberta Veilleux est l’une d’eux.

La résidente de Rosemont-La Petite-Patrie a reçu au mois de septembre dernier un avis d’éviction qu’elle conteste devant la Régie du logement.

«Mon propriétaire m’a envoyé une lettre disant qu’il avait besoin de son logement pour sa fille», dit-elle en avouant douter qu’il s’agisse de la vérité.

Madame Veilleux paie actuellement 637 dollars par mois pour le logement de quatre pièces et demi qu’elle loue depuis 2002, elle a jusqu’au mois de juillet 2018 pour le quitter.

À 80 ans, Alberta Veilleux dit être très stressée depuis la réception de l’avis d’éviction et se demande même si elle réussira à se reloger.

Pas un cas unique

Le porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ), Maxime Roy-Allard, dénonce cette situation et confirme que le cas d’Alberta Veilleux n’est pas unique.

«On compile chaque année les reprises de logements, les évictions pour agrandissement et subdivision et les chiffres d’une année à l’autre se ressemblent, donc ce sont des gens qui vivent depuis longtemps dans leur logement et qui payent en deçà de la moyenne», explique M. Roy-Allard.

Selon les chiffres du RCLALQ, 55% des locataires évincés habitaient leur logement depuis au moins dix ans et 31% depuis plus de quinze ans.

«Une fois sur trois, ce sont des propriétaires qui viennent d’acheter qui évincent (...) et tentent par différentes magouilles de se débarrasser des locataires pour ensuite le louer plus cher, le transformer en condo ou le louer sur Airbnb, donc ce sont des phénomènes qui sont très préoccupants», délore-t-il.

«Selon la Corporation des Propriétaires Immobiliers du Québec (CORPIQ), il y a environ 14 000 avis de reprises de logements par année, donc sur dix ans c’est 10% du parc locatif qui est touché».

La difficulté de se reloger

La grande difficulté pour les locataires expulsés est de se trouver un logement équivalent à un prix abordable.

«Dans le cas de madame Veilleux, [pour] trouver un logement équivalent évidemment qu’elle devra payer plus cher pour un logement qui ressemble».

Le RCLALQ demande d’ailleurs une indemnité automatique équivalente à douze mois du loyer médian de la région qui serait versée aux locataires.

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