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Rapport Chamberland

Montréal ne veut pas d’ingérence avec la police

Sarah Daoust-Braun | Agence QMI

TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Les élus montréalais ne veulent pas d’ingérence avec la police et souhaitent que la recommandation du rapport Chamberland d’adopter une loi pour assurer l’indépendance entre le corps policier et les autorités politiques soit mise en place rapidement.

Le président de la Commission de la sécurité publique, Alex Norris, qui a participé à la commission Chamberland sur la protection des sources journalistiques, a assuré que la nouvelle administration étudiera prochainement les recommandations du rapport, mais aussi celles du rapport Bouchard sur la gestion des affaires internes au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Le dépôt des deux rapports ainsi que l’arrivée de l’ancien chef de la SQ Martin Prud’homme à la tête du SPVM et de la nouvelle administration à l'hôtel de ville ont créé un contexte particulièrement favorable «pour effectuer un véritable changement de culture au SPVM», selon le conseiller associé à la sécurité publique.

Le rapport du juge Jacques Chamberland recommande entre autres au gouvernement provincial d’adopter des mesures législatives pour encadrer les communications directes entre les élus et les corps policiers, et de souligner l’indépendance de la police.

«Nous allons suivre cela auprès du gouvernement québécois et de nos partenaires, a indiqué Alex Norris, qui se dit très satisfait des conclusions du rapport. Même sans nouvelle loi provinciale, nous allons prendre bien soin de ne pas nous ingérer dans les affaires policières.»

L’opposition réagit

Le chef de l’opposition Lionel Perez accueille aussi favorablement les recommandations du rapport et encourage le gouvernement provincial à les adopter. «Il faut revoir la gouvernance entre les élus et les services de police, et affirmer de façon claire l’indépendance du service de police», a-t-il déclaré lors d’un point de presse.

Lionel Perez ne s’est pas prononcé sur les agissements de son ancien chef, Denis Coderre, qui a quitté la vie politique municipale après sa défaite aux élections du 5 novembre. En 2014, l’ex-maire avait contacté le directeur du SPVM pour «péter sa coche» à la suite d’une nouvelle fuite dans les médias d’un constat d’infraction qu’il avait reçu en 2012. Les informations policières coulées avaient ensuite fait l’objet d’enquêtes au SPVM où des journalistes ont été espionnés.

Le rapport soutient toutefois qu’il n’y a pas de preuve tangible pour dire qu’un élu s’est ingéré dans le déroulement, le déclenchement ou la suspension d’une enquête policière.

«Le rapport Chamberland souligne qu’il faut faire très attention, que la perception est tout aussi importante que la réalité, a dit Lionel Perez. On doit s’assurer de rétablir les règles pour éviter ces perceptions-là.»

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