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Le Québec perd du terrain

L’eau engloutit son rêve de jeunesse

Emy-Jane Déry | Agence QMI

Gracieuseté

L’eau a avalé le rêve de jeunesse d’un Nord-Côtier qui a vu la force de la mer faire virevolter le trottoir en béton de sa maison comme s’il s’agissait d’une construction de paille.

Jean-François Morin a acheté une maison au bord de l’eau à Sept-Îles, en 2009. Le natif de la Côte-Nord avait grandi en se disant qu’un jour il vivrait au bord de l’immensité du golfe, dont l’eau est salée à cette hauteur.

Mais depuis que la tempête a arraché une partie de son terrain et rendu sa maison inutilisable, il ne veut plus rien savoir.

«Pour moi, c’est fini, les bords de l’eau. J’ai eu ma dose et au bout du compte, ça ne vaut pas le coup», a-t-il dit.

Hautes marées

Il était en voyage au Brésil lorsque la mégatempête du 30 décembre 2016 a frappé. Les hautes marées combinées à des vents de plus de 90 km/h ont causé un cocktail dévastateur dans la région.

Le père de Jean-François Morin lui a transmis des photos et des vidéos pour l’aviser de la situation.

«J’étais complètement dévasté, je n’en revenais pas de voir autant de dégâts», a-t-il dit.

Jamais aucun problème d’inondation dans sa résidence n’avait été rapporté. Ce jour-là, les vagues sont venues lécher sa porte-fenêtre et il a perdu 50 pieds de terrain.

«J’avais un gros trottoir en béton et la mer l’a ramassé. Il était cassé en deux. On voyait sur la vidéo la mer le faire bouger, c’est lourd ça. C’était incroyable, la puissance de l’eau, c’est inimaginable», a-t-il dit.

Son voisin était enroché pour se protéger de l’érosion. Or, pour Jean-François Morin cette installation a eu complètement l’effet contraire.

«Quand la vague est venue fesser, elle est passée à côté de son enrochement et elle a ramassé pratiquement la moitié de mon terrain», a-t-il dit.

Maison détruite

À la suite de la tempête, des inspecteurs de la Sécurité publique ont déclaré que la maison était menacée par «un danger imminent». Il ne peut donc plus y vivre.

«C’était une maison au bord de l’eau ou rien pour moi. Il n’y avait pas d’entre-deux. Je n’avais pas le goût de m’en aller dans le bois», a-t-il dit.

Pour l’instant, M. Morin n’est pas revenu vivre au Québec. Il a décidé de continuer de voyager.

Sa maison sera détruite en juin. Jean-François Morin ira regarder la pelle mécanique à l’œuvre.

«C’est sûr que je vais être là. Ça va me briser le cœur, mais c’est comme ça, il n’y a pas grand-chose que je puisse faire», a-t-il dit.

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