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Raccompagnement

Bénévole à Nez rouge depuis 30 ans

Martin Lavoie | Agence QMI

Jean-François Desgagnés

Les impacts de l’alcool autour d’elle l’ont amenée, un jour, à s’impliquer dans Nez rouge. Trente ans plus tard, son sourire et ses pantoufles sont devenus légendaires dans la centrale de Québec.

«J’ai connu plus de boisson dans ma vie que n’importe quoi d’autre, raconte Pierrette Rochette, bénévole depuis 30 ans pour l’Opération Nez rouge à Québec. Mon père était hôtelier. On en voyait de toutes les sortes.» À une certaine époque, c’est dans le bar des petits hôtels de chaque ville et village que plusieurs Québécois vont boire.

«Dans le temps, il n’y a que ça qui existait pour bien du monde, comme la bière entre les deux jambes en conduisant. J’ai connu quelqu’un qui, lorsqu’il se faisait arrêter par un policier, sortait une bouteille de bière et la buvait avec lui ! Je suis tombée dans le même pattern en me mariant», se remémore-t-elle.

Avec le temps, Mme Rochette cherche à faire sa part pour la société et à lutter contre les problèmes liés à l’alcool. «Quand Nez rouge est arrivé, j’ai tout de suite su que c’est ce que je cherchais», raconte la dame de Québec.

Lorsqu’elle a débuté chez Nez rouge, en 1987, l’organisme opérait à partir de la centrale de police de Québec. D’escorte motorisée (la personne qui suit dans son véhicule le client qui est raccompagné) à ses débuts, elle a ensuite travaillé davantage à l’interne et aux inscriptions.

Si elle n’a pas conservé d’anecdotes croustillantes de ses années sur la route, des histoires survenues lors de soirées où elle travaillait sont toujours fraîches à sa mémoire.

100 $ pour un coin de rue

«J’ai une amie qui, à son premier raccompagnement, est tombée sur un client qui a fait un don de 100 $ pour un déplacement d’un seul coin de rue. Une autre fois, un client tellement ivre s’est endormi dans l’auto avant de donner son adresse. Les accompagnateurs avaient seulement le nom de la rue, mais ils ont trouvé une télécommande de garage dans le coffre à gant et l’ont activée vers toutes les entrées jusqu’à ce qu’une porte s’ouvre !» lance-t-elle.

Certaines années, Mme Rochette a été présente lors de chacune des soirées et des nuits de l’opération, soit pratiquement un mois complet. Et c’est sans compter les réunions des comités organisateurs qui débutent en septembre. «J’ai même pris des vacances pour participer à Nez rouge. Quand je m’implique, je le fais à fond.»

Celle qui a un CV de bénévole «trop long pour tout marquer» a laissé avec le temps ses autres engagements pour ne garder que Nez rouge. Avec ses «trois quarts de siècle», une expression qu’elle préfère utiliser pour parler de son âge, elle a réduit ses activités, mais elle n’a pas lâché. «Je vais continuer autant que je vais être capable. J’ai même dit qu’un jour j’irais en chaise roulante ou en marchette s’il le fallait.»

Efficace

Elle a constaté les effets de la prévention. Les personnes ivres mortes sont plus rares.

Ce qu’elle retient de ces 30 années ? «L’avancement de l’œuvre de Jean-Marie De Koninck (le fondateur de l’Opération Nez rouge)», dit l’infirmière qui a travaillé 40 ans dans le même département à l’hôpital Laval.

«Pierrette est synonyme de dévouement et de joie de vivre, indique David Latouche, directeur des communications chez Nez rouge. Elle est toujours prête à aider et apporte la bonne humeur partout où elle passe à la centrale.»

Cette bonne humeur lui a valu le surnom de Mme Sourire. Elle est aussi surnommée Mme Pantoufles, puisqu’elle n’hésite pas à prendre ses aises à la centrale de Québec et à en enfiler dans son «deuxième chez elle».

«On me rencontre parfois dans le Vieux-Québec au milieu de l’été et on me dit “Vous n’avez pas vos pantoufles ?”».

Toujours possible de s’inscrire

À l’approche de sa période la plus achalandée, l’Opération Nez rouge rappelle que les bénévoles peuvent s’inscrire jusqu’à la fin de la campagne.

«L’efficacité des services de raccompagnement est tributaire de la participation des bénévoles», déclare David Latouche, directeur des communications de Nez rouge, qui fait remarquer que cette fin de semaine et la prochaine seront les plus occupées. Il estime que le recrutement se déroule «plutôt bien» actuellement.

Est-ce plus difficile de recruter les soirs de fête, comme les 24, 25 et 31 décembre ? «Il y a plusieurs raisons qui peuvent motiver les gens à devenir bénévoles. Mais pour certains, Nez rouge, c’est une deuxième famille. Et c’est sur eux que l’on peut compter lors de ces soirées», raconte M. Latouche.

«Les 24 et 25 ne sont pas nécessairement nos soirées les plus occupées, mais le 31, c’est différent, ajoute M. Latouche. C’est la soirée la plus complexe. Avant minuit, c’est tranquille. Après, nos lignes commencent à sonner rapidement. Il nous faut donc plus de bénévoles durant cette soirée et nous y parvenons chaque année.»

De l’aide

Certains partenaires de Nez rouge donnent un coup de pouce spécifiquement pour la soirée du 31. Labatt, par exemple, fait tirer un voyage à Chicago parmi tous les bénévoles qui travailleront à ce moment.

«Il manque toujours de bénévoles les soirs des 24, 25 et 31, explique Pierrette Rochette. Mais de l’autre côté, l’ambiance de fête à la centrale est tellement agréable. Je vais le faire encore cette année.»

En date du 13 décembre, les 1971 bénévoles de Nez rouge Québec-Lévis avaient effectué 1621 raccompagnements, ce qui se compare aux années précédentes.

Raccompagnement

1 866 DESJARDINS (1 866 337-5273)

www.operationnezrouge.com

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