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Un chirurgien risque d'être radié

Sa relation extraconjugale vire au cauchemar

Hugo Duchaine | Agence QMI

Photo Pierre-Paul Poulin

Un chirurgien plastique de Montréal risque d’être radié pour cinq ans pour avoir entretenu une relation extraconjugale avec une patiente, qui a tourné au cauchemar quand celle-ci a menacé et harcelé sa famille.

«C’est inexcusable ce que j’ai fait [...] J’ai honte d’être d’ici, honte pour mes collègues et honte d’avoir échoué en tant que père», a déclaré le Dr Juan Carlos Cordoba devant le Conseil de discipline du Collège des médecins la semaine dernière.

Il a reconnu avoir commis une faute professionnelle grave en ayant des relations sexuelles pendant plusieurs mois, d’octobre 2015 à mars 2016, avec une patiente dont l’identité est protégée.

Avances

Elle l’avait notamment consulté pour se faire retirer un kyste, et le médecin a expliqué au syndic du Collège avoir cédé aux avances de sa patiente. Leur attirance mutuelle s’est ainsi transportée de sa clinique privée Aesthetica de Westmount à la résidence de sa patiente et à l’hôtel.

Devant le Conseil de discipline, Juan Carlos Cordoba a témoigné avoir réalisé que cette relation était malsaine, et c’est pourquoi il a choisi d’y mettre fin cinq mois plus tard.

Mais sa patiente était loin de voir les choses de la même façon, avouant même au syndic avoir perdu la raison à la suite de la rupture.

Dr Cordoba a relaté qu’elle s’est mise à le menacer de mort et à l’appeler toutes les heures du jour et de la nuit, puis à appeler son épouse et ses trois enfants. Elle espionnait même la maison de ses parents et lui envoyait des photos par téléphone.

Après un cours de natation, elle a suivi ses deux adolescents, leur faisant suffisamment peur pour qu’ils aillent se réfugier dans un poste de police, où la femme a finalement été arrêtée.

«Il y a tellement de victimes dans cette histoire», a déploré l’avocat du syndic adjoint du Collège des médecins, Jacques Prévost, en réclamant une peine de cinq ans de radiation et 2500 $ d’amende.

Il a toutefois ajouté qu’il n’avait pas «beaucoup d’empathie pour ce qui arrive au professionnel [Dr Cordoba]», jugeant qu’il «n’a pas à abuser de ses privilèges pour pervertir la relation [entre un médecin et un patient] dans autre chose».

Un «abus»

«Ça ronge l’Ordre [des médecins] depuis des années ce genre de comportements-là qui ne cesse pas [...] C’est un abus, faut l’appeler par son nom. C’était à lui et lui seul qu’il incombait de dire non», a plaidé Me Prévost.

L’avocat du Dr Cordoba, Marc E Platts, a estimé pour sa part que son client ne mérite qu’une radiation de six mois et 1000 $ d’amende.

«Les faits ne sont pas contestés, les effets le sont», a-t-il dit.

Il dénote aussi une injustice pour son client, qui ne pouvait pas savoir au moment des faits reprochés que le gouvernement changerait la loi pour imposer des sanctions plus sévères envers les inconduites sexuelles.

Le Conseil de discipline du Collège des médecins a pris la cause en délibéré et rendra sa décision d’ici trois mois.

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