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Liqueur de cassis

Un produit français pour un cocktail d’ici

Arnaud Koenig-Soutière | Agence QMI

Une productrice locale reproche à la Société des alcools du Québec (SAQ) de mettre de l’avant un produit français dans ses dégustations, l’intégrant au cocktail «emblématique du Québec» proclamé par la société d’État dans le cadre d’un concours.

Le «Québec Royal», un kir «réinventé», était le grand gagnant de ce concours. Il est notamment composé de vodka, de cidre mousseux et de liqueur de cassis.

La recette originale, qui provient du public, ne comprend que des produits québécois. Or, plusieurs succursales de la SAQ faisaient goûter le cocktail avec une liqueur de cassis française, reproche une productrice de l’île d’Orléans.

«J’ai reçu des courriels de gens complètement décontenancés, qui étaient outrés de voir qu’on faisait goûter ce cocktail emblématique avec la crème de cassis Lejay, une crème européenne, industrielle, qui coûte moins cher», affirme Catherine Monna, copropriétaire de Cassis Monna & Filles.

Moins cher

«Ce qu’on comprend, prétend-elle, c’est que chaque succursale avait le choix de prendre les produits de leur choix, et, qu’entre autres, on passait le mot à l’interne que la crème de cassis française était moins chère», dit-elle.

La crème de cassis française utilisée dans les dégustations se détaille environ deux fois moins cher que celle de Cassis Monna & Filles. Mme Monna estime que la liqueur française «peut convenir, mais pas dans ce cadre-là».

«Il faudrait une directive claire que ce cocktail emblématique doit être fait avec les produits du Québec, que ce soit ma crème ou la crème d’un autre producteur, ou la vodka de l’un ou de l’autre... Mais au moins, un produit québécois», insiste-t-elle, ajoutant que «la SAQ a les capacités financières» pour servir un produit «un peu plus haut de gamme».

«Je ne pense pas qu’en France, ils feraient un cocktail national avec des alcools d’Afrique du Sud et des Antilles. Ça devrait venir avec une fierté et endosser la valeur des produits québécois», croit Catherine Monna.

Personne n’était disponible au siège social de la SAQ, samedi, afin de répondre aux questions du Journal de Québec.

Cassis Monna & Filles

2e génération d’une entreprise familiale fondée il y a 25 ans

16 hectares de culture de cassis

50 000 bouteilles vendues par année

35 employés

13 prix décernés à leur crème de cassis

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