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Mesures d’urgence réclamées au Bas-Saint-Laurent

Cri d'alarme pour sortir les travailleurs du «trou noir»

Agence QMI | TVA Nouvelles

La coalition sur l'assurance-emploi du Bas-Saint-Laurent réclame des mesures d'urgence pour éviter que des centaines de travailleurs se retrouvent sans revenu cet hiver, pendant «le trou noir».

Le trou noir est cette période sans revenu que vivent les travailleurs saisonniers entre la fin des prestations d'assurance-emploi et le retour au travail.

Réunis en conférence de presse lundi matin à Rimouski, les membres de la coalition sur l'assurance-emploi du Bas-Saint-Laurent ont lancé un véritable cri d'alarme au gouvernement Trudeau.

Ils lui ont d'abord rappelé sa promesse de la dernière campagne électorale d'abolir la réforme de l'assurance-emploi imposée par Stephen Harper. Celle-ci venait remplacer le principe en vigueur depuis 1998, soit de calculer les prestations à partir des 14 meilleures semaines de l’année (en termes de revenu). Dorénavant, elles sont plutôt établies selon le taux de chômage de la région.

Selon la coalition, l’année 2017 a été la pire en termes de prestation pour les Bas-Laurentiens. Jamais le nombre de semaines de prestation n'aura été aussi bas par rapport au nombre d'heures travaillées.

Contestations

La coalition soutient que ce calcul ne tient pas la route, et conteste même la validité des chiffres avancés par Statistiques Canada pour établir le taux de chômage. «Tout à coup, le taux de chômage baisse. On se pose des questions. La meilleure preuve, c'est que notre taux de chômage est égal, à 6,7%, aux taux de Montréal, Mirabel et Laval. Je m'excuse là, mais est-ce que notre économie ressemble aux leurs ?» a dénoncé Alain Lagacé, d'Action Chômage Kamouraska inc.

M. Lagacé a précisé qu'entre 75 % et 95 % des travailleurs saisonniers bas-laurentiens seront affectés par le trou noir, et verront leurs prestations être coupées. Le trou noir commencera pour eux dès février 2018.

Par conséquent, la coalition réclame des mesures d'urgence temporaires pour la région. Elle demande l'ajout de 10 semaines de prestation aux 15 semaines de base déjà prévues à la loi. «Aux prochaines élections (fédérales), on va demander des mesures permanentes», a indiqué Alain Harrisson, représentant régional de la FTQ.