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Rimouski

L’école Paul-Hubert-du Grand Défi restera fermée

Agence QMI

Il y a un an, la Commission scolaire des Phares frappait à la porte de la Direction de la santé publique (DSP) du Centre intégré de santé et de services sociaux du Bas-Saint-Laurent. On demandait à obtenir des études complètes sur la qualité de l'air et des sols autour de deux écoles primaires se trouvant à proximité des installations de la pétrolière Suncor, à Rimouski-Est. Un an plus tard, la DSP a présenté ses analyses.

Le Dr Sylvain Leduc a soutenu mardi en conférence de presse que rien d'alarmant n'a été détecté quant à la qualité de l'air. Cependant, les sols de l'école Paul-Hubert-du Grand Défi présentent une contamination ponctuelle au-delà des normes jugées acceptables. Toutefois cette contamination est attribuable à un ancien réservoir d'huile et non aux activités pétrolières.

Par contre, l'école se trouve tout de même dans un rayon de 100 mètres du terminal de chargement. Selon la DSP, cette proximité présente un risque pour la sécurité advenant un accident industriel (ex. : onde de choc, radiations thermiques, feu éclair, etc.).

Bien qu'aucun accident du genre n'ait été recensé, la DSP recommande le maintien de la fermeture de l'école. La Commission scolaire des Phares avait fermé le bâtiment de manière préventive l'an dernier après que des odeurs suspectes eurent été signalées.

«Notre décision de l'an dernier était la meilleure. On va respecter en tout point la recommandation de la Santé publique. On va aussi respecter en tout point ce qu'ils nous recommandent pour l'école du Grand-Pavois, de Saint-Yves, c'est-à-dire revoir nos plans d'urgence», a expliqué le président de la Commission scolaire, Gaston Rioux.

Soulagement

Le soulagement a été grand pour les parents d'enfants, comme François-Xavier Bérubé-Dufour : «Le projet initial d'envoyer les maternelles au Grand-Défi ne se réalisera pas, et ça, ça me satisfait. À savoir si un jour, le terminal changera de place et qu'on réévalue la possibilité d'intégrer des jeunes dans cette école-là, on verra dans quelles circonstances ça se fera. Mais, pour tout de suite, je suis rassuré.»

Le groupe d'experts de la DSP recommande aussi le déménagement du terminal de chargement de Suncor.

«Il serait plus prudent de déménager le terminal dans le parc industriel, plutôt que dans le quartier résidentiel. [...] Il existe une cohabitation entre des installations pétrolières et différentes municipalités depuis de nombreuses années. On n'a qu'à penser à Montréal. Et on n'a pas tout reconstruit avec des baguettes magiques ! Toutefois, les mesures d'atténuation, les mesures qui permettent de déplacer à tout le moins les terminaux de chargement, ça peut se voir avec les yeux de 2018.»

Joint au téléphone, le conseiller principal aux communications de Suncor, Dean Dussault, dit que la compagnie n’est pas fermée à l'idée, mais l'écarte complètement à court et moyen terme. M. Dussault estime qu'il faut, pour l'instant, miser sur les mesures d'atténuation et de renforcement de la sécurité.

Dans son rapport, la DSP recommande aussi à la Ville de Rimouski de profiter de sa révision du schéma d'aménagement du secteur Rimouski-Est pour créer des barrières physiques visant à réduire les impacts d'un accident industriel, et réaménager le secteur en tenant compte de ces risques.

Consultations

Le maire Marc Parent et le directeur général de la ville Claude Périnet soutiennent que des consultations ont déjà été tenues en ce sens dans les derniers mois, et que le travail n'est pas terminé.

«Il y a un gros travail à faire sur le plan de l'acceptabilité sociale. On maintient constamment des lignes de communication avec ces gens-là. On va les tenir au courant au fur et à mesure que le dossier avance. Bien sûr, on souhaite qu'en début d'année 2018, on soit en mesure de faire une reddition de comptes aux citoyens», a soutenu M. Périnet.

Depuis deux ans, deux déversements ont été recensés à Rimouski. Pour le premier incident survenu en janvier 2015, la décontamination est toujours en cours et devrait se terminer d'ici 2 à 3 ans. La Ville n'est toujours pas en mesure d’évaluer la quantité de liquide qui s'est écoulé.