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Faux repas d’affaires

L'ancien maire de La Tuque se fait taper sur les doigts

Vincent Larin | Agence QMI

ARCHIVES/AGENCE QMI

Un ancien maire de La Tuque a été réprimandé pour avoir mis sur son allocation de dépenses un souper personnel à 100 $ qu’il avait camouflé en repas avec un autre maire.

Normand Beaudoin s’est fait prendre parce qu’il a mis sur Facebook une vidéo de lui à ce souper, selon le conseiller Luc Martel, qui a découvert le subterfuge. Même si son allocation de dépenses affirmait qu’il avait mangé avec le maire de Saint-Félicien, la vidéo montrait plutôt qu’il était en compagnie d’une connaissance.

M. Martel a déposé une plainte à la Commission municipale du Québec (CMQ). Informé de la situation, le maire de Saint-Félicien, Gilles Potvin, a nié avoir soupé avec M. Beaudoin. La facture du repas se chiffrait à 103,13 $.

La vidéo sur Facebook a disparu depuis le souper du 17 novembre 2016, selon M. Martel.

Souper privé

La juge Martine Savard, dans une décision rendue mardi, conclut que l’ex-politicien a donc présenté une demande de remboursement contenant de fausses informations.

« [Cela] a permis au maire d’obtenir le remboursement complet, sans questionnement supplémentaire, alors qu’il s’agissait d’un repas privé », note la juge.

Normand Beaudoin a moins de 30 jours pour s’acquitter d’une amende de 51,57 $ et reçoit une réprimande alors qu’il n’est plus en poste depuis les dernières élections.

Mais la peine infligée à l’ex-maire reste insuffisante aux yeux du conseiller Luc Martel compte tenu du calvaire qu’il a dû endurer durant toutes les procédures.

« Il a vraiment joué au dictateur. [...] J’ai été menacé, et c’est sans compter tout ce que lui et son avocat ont tenté pour faire annuler le procès », raconte-t-il.

Les frais d’avocats pour M. Beaudoin auraient coûté plus de 25 000 $ à la Ville, selon M. Martel, qui espère que ces sommes seront récupérées.

Il minimise le dossier

La juge a retenu plusieurs facteurs aggravants dans le cas de l’ancien maire, dont le fait qu’il n’a pas répondu correctement aux questions soulevées par ce souper.

« [Il] a minimisé l’importance de ce dossier et nié avoir utilisé les ressources de la municipalité à des fins personnelles », indique la juge Savard dans sa décision.

L’avocat de M. Beaudoin avait d’ailleurs plaidé que le maire aurait pu demander des per diem et que cela aurait coûté plus cher aux contribuables.

Mais la juge Savard a rejeté cet argument en rappelant qu’on débattait sur les faits qui se sont produits et non ceux qui auraient pu se produire.

Normand Beaudoin a vite raccroché lorsque «Le Journal de Montréal» l’a joint sur son cellulaire.