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Culture en serre

Le PDG des tomates Savoura dit non au cannabis

Diane Tremblay | Agence QMI

Le président de Serres Sagami, Stéphane Roy, n’entend pas troquer sa culture de tomates en serre pour la culture de cannabis, même si c’est dix fois plus payant que la production maraîchère.

M. Roy a rencontré des groupes provenant du Québec et de l’Ontario qui ont essayé de le convaincre de convertir une partie de sa production en lui faisant miroiter d’importants profits.

«Je les ai écoutés pour la simple et bonne raison que je voulais connaître leur vision, mais dans le fond de ma pensée, je n’ai aucun intérêt à aller là-dedans. Mon idée était faite avant de les rencontrer», a affirmé l’homme d’affaires au «Journal de Québec».

La culture de cannabis va à l’encontre des valeurs de l’entrepreneur, qui produit notamment les tomates Savoura.

«J’ai un fils de 13 ans et je veux lui montrer les vraies valeurs. J’ai repris six entreprises qui étaient en difficulté ou en faillite et je les ai remontées. »

L’effort et la volonté sont à la base même de son modèle d’affaires. M. Roy se considère comme un bâtisseur.

«Les producteurs qui ont fait le choix du cannabis ne contribuent que partiellement à l’avancement de l’économie», a-t-il ajouté.

La décision des Serres Bertrand de passer à la production de cannabis biologique l’a pris par surprise.

«On n’aide pas l’autonomie alimentaire du Québec. Déjà qu’on a seulement une part de 2 % à 5 % du marché total. J’encourage les producteurs en serres à continuer leur travail. On commence à se sortir la tête de l’eau. Les consommateurs demandent de plus en plus des produits locaux.»

Silence radio

M. Roy qualifie d’inquiétant le silence des autorités fédérales face au développement de l’industrie serricole au Québec, qui doit concurrencer avec des producteurs mexicains dont les coûts de production sont beaucoup moins élevés.

Il confirme avoir un projet de plusieurs millions de dollars sur la table pour la création d’un parc solaire afin de produire des fraises à l’année, mais il a besoin de soutien financier.

«Le projet est sur la table au gouvernement fédéral, mais on n’a pas de réponse. On dirait qu’on parle à un mur. Parlez du cannabis à Justin Trudeau et il va être à l’écoute, mais parlez-lui des projets d’expansion des serriculteurs, c’est une autre histoire», a-t-il commenté.

Rencontres avec Hydro-Québec

Des rencontres avec Hydro-Québec ont eu lieu à propos de son projet. L’entreprise de M. Roy, qui génère près de 400 emplois au Québec, a conclu un partenariat avec La Frissonnante pour cultiver des fraises en serres.

«On a une nouvelle tarification depuis l’an dernier, mais ce qu’on demande à Hydro-Québec c’est d’avoir plus, surtout quand on regarde l’aide apportée aux alumineries.»

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