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Un à deux nouveaux cas par semaine au Québec

Les victimes de la mérule pleureuse s’impatientent

Simon Gamache Fortin | Agence QMI

Les victimes de la mérule pleureuse, ce champignon destructeur qu’on appelle le cancer des bâtiments, commencent à s'impatienter. Les recommandations d'un rapport d’experts commandé par Québec ne sont toujours pas rendues publiques alors qu'elles devaient l'être l'été dernier. Pendant ce temps, les cas se multiplient à la grandeur de la province.

Selon les données de l’Association Mérule Pleureuse Québec, on recense un à deux nouveaux cas par semaine dans la province depuis 2010. Cinq ans auparavant, la mérule pleureuse ravageait un à deux immeubles par année. Dans les dernières semaines, des cas sont apparus à Montréal et à Lac-Beauport, entre autres.

Le gouvernement a commandé ce rapport d’un groupe d’experts afin de lui permettre d’orienter ses actions vis-à-vis la problématique. De nombreuses villes, dont Montréal, attendent impatiemment que les recommandations soient rendues publiques afin de savoir comment intervenir quand des cas sont recensés sur leur territoire.

Maxime Boivin, qui a fondé l’Association Mérule Pleureuse Québec et dont la maison de Saint-Marcellin près de Rimouski a été détruite en raison du champignon, demande au gouvernement d’agir rapidement dans le dossier.

«Ça fait quatre ans qu’on se bat contre cette mérule pleureuse là, qu’on supporte des dizaines et des dizaines de familles. On est souvent les premiers acteurs qui vont parler à ces familles-là. On va agir un peu comme des psychologues, on va les écouter. C’est certain, sur une note personnelle, qu’on a hâte que ça se règle, mais aussi à l’échelle du Québec le nombre de cas explose», a expliqué M. Boivin.

Ce dernier déplore que les familles touchées par le «cancer du bâtiment» soient tenues dans le noir avec ces délais. On réclame toujours le statut de sinistré et la création d’un fonds monétaire pour venir en aide aux victimes. L’association estime aussi qu’il faut un meilleur encadrement pour enrayer le phénomène qui cause beaucoup de dégâts à une propriété.

Attente trop longue

Pour le député de Rimouski Harold Lebel, qui est l'un des premiers élus à avoir travaillé sur le dossier, ce n'est pas aux victimes de la mérule pleureuse de payer pour les changements ministériels des derniers mois.

«Ça n’a comme plus de sens. J’ai parlé avec Maxime Boivin et, dès la rentrée parlementaire, on va se rendre à Québec et on va exiger des nouvelles là-dessus et que ça bouge. Je ne peux pas croire que je vais parler de cela tout le long de mon mandat. Il me semble qu’on doit régler ça avant les prochaines élections», a estimé M. Lebel.

Au cabinet de la ministre responsable de la Protection des consommateurs et de l’Habitation, Lise Thériault, on nous indique que des compléments d’information au rapport ont été demandés. Ce dernier doit passer devant le conseil des ministres avant d’être rendu public, une volonté de la ministre.

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