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Confidentialité des documents

Votre dossier médical est-il suffisamment protégé dans les hôpitaux?

Valérie Fortin | TVA Nouvelles

Des données obtenues par TVA Nouvelles grâce à la Loi sur l’accès à l'information démontrent qu’au moins 121 violations de la confidentialité ont été commises, au cours des trois dernières années, par des employés du réseau de la santé au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Vingt-six événements ont été signalés en 2017-2018 (année en cours). Pour 2016-2017, 58 cas ont été répertoriés alors que pour 2015-2016, 37 violations de la confidentialité ont été comptabilisées.

«Un bris de confidentialité, c’est très large. Ça peut être autant un professionnel qui va regarder dans le dossier d’un patient qui n'est pas le sien. Ça peut être aussi deux employés à la cafétéria qui parlent d'un patient», a expliqué le porte-parole du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Marc-Antoine Tremblay.

Le Centre d'assistance et d’accompagnement aux plaintes de Saguenay est cependant convaincu que, dans les faits, le nombre de violations de la confidentialité dans les établissements de santé est beaucoup plus élevé que les chiffres obtenus par TVA Nouvelles.

«Ce n'est peut-être pas tout le monde qui a le même réflexe de déclarer ou d’inscrire l’événement. Est-ce que c'est seulement un petit échantillonnage? C'est bien possible qu'il y en ait beaucoup plus que ça», a affirmé le directeur de l’organisme, Josey Lacognata.

Les autorités de la santé assurent que tout est mis en œuvre dans les hôpitaux et dans les centres de santé pour éviter ce genre de situation.

Chaque employé, qui a l’autorisation d’accéder aux bases de données, a un code d'accès unique. Chaque fois qu'un dossier médical est consulté, la direction peut en être avisée.

«Maintenant, avec nos systèmes informatiques, on peut savoir à telle heure, tel jour, quel employé a eu accès à un dossier du patient. [...] Si tel médecin n'a pas rapport avec tel patient, on va avoir un "pop-up", lui n'est pas supposé de faire ça», a expliqué Marc-Antoine Tremblay.

«Ça peut être très très grave, on ne prend jamais ça à la légère. Il y a des personnes qui ont perdu leur emploi à cause d'un bris de confidentialité», a-t-il ajouté.

Malgré toute la sensibilisation et les mesures répressives, il est difficile d'enrayer complètement le problème, surtout à l'ère du numérique et des médias sociaux.

Le directeur du Centre d'assistance et d’accompagnement aux plaintes pense que les formations collégiales et universitaires devraient axer davantage sur l’importance de la confidentialité et du respect des renseignements personnels.

Les chiffres obtenus par TVA Nouvelles révèlent aussi que les hôpitaux de la région ont été touchés par trois attaques informatiques depuis 2015. Les autorités assurent cependant que ces événements n'ont pas eu de conséquences directes pour les patients.

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