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Mauricie

Noël dans une famille de 15 enfants

Amélie St-Yves | Agence QMI

Andréanne Lemire/Agence QMI

Une famille de 15 enfants, dont 10 sont adoptés, célèbre Noël en toute simplicité, parce que pour eux, le plus beau cadeau est d’être ensemble.

La famille Godfrey de La Tuque, en Mauricie, s’organise à 17 dans une maison de cinq chambres, qui compte au total six ensembles de lits superposés.

À ce temps-ci de l’année, il y a une parade de bas de Noël pleins de surprises qui longe l’escalier vers le sous-sol. Ils contiennent des clémentines, de petits jouets, des bonbons et des livres.

Dix enfants adoptés

Ces bas ont été cousus par la mère de la famille, Agnès de Leeuw, à l’occasion de son premier Noël avec son mari Israël-Luc Godfrey. Elle en avait fabriqué six au début, en prévoyant pour quatre enfants, son conjoint et elle. La maman avait toutefois acheté beaucoup plus de tissu, sans savoir qu’elle aurait un jour 15 bouches à nourrir.

Israël-Luc Godfrey et Agnès de Leeuw ont adopté 10 enfants de pays défavorisés après en avoir eu cinq biologiques.

Au sous-sol, chacun des 15 enfants a son petit panier identifié où ranger ses mitaines, sa tuque et son foulard, pour éviter le chaos. Les manteaux s’empilent sur une patère et des dizaines de bottes sont alignées sur un support pour sécher.

À la mi-décembre, tout le monde a préparé sa petite maison en pain d’épices, décorée de réglisses, de chocolats et de bonbons. Un petit village prend ainsi forme sur une table dans la cuisine.

Il y a une quinzaine d’années, tous les enfants décoraient une seule grosse maison, mais depuis environ cinq ans, ils sont trop nombreux, alors la maman leur en prépare chacun une petite.

«Après toute la visite du temps des Fêtes, début janvier, on sort le chocolat chaud, le thé, le lait, et on commence à manger les maisons en trempant les biscuits», dit le père de la famille, Israël-Luc Godfrey.

Réveillon

M. Godfrey est un pasteur baptiste qui ne célèbre pas, mais qui est toujours croyant. Les Godfrey n’iront pas à la messe de minuit le soir de Noël, mais prendront le temps de remercier «le Créateur».

Demain, ils iront dîner en Estrie dans la famille paternelle. Ils joueront sans doute un peu dehors en revenant, peut-être pour profiter du cadeau familial, qui cette année sera une motoneige usagée.

Ensuite, le réveillon sera tout simple. Pas de père Noël, pas de pile de cadeaux à développer, mais un film en famille, emmitouflés sous une couverture. Ils prévoient manger un souper composé de grignotines, comme du pop-corn, devant la télévision.

«Le père Noël est un beau symbole, comme le sapin et les guirlandes, mais mes enfants n’y croient pas. Et je n’ai pas de lutins chez nous non plus», dit Mme de Leeuw.

Chocolat

Pour la seule fois de l’année, il y aura du Nutella sur la table le matin de Noël. Dans une famille de 17, la tartinade noisettes et chocolat est loin d’être une priorité.

Ils prendront aussi du temps en famille le matin du 25 pour se raconter l’histoire de la naissance de Jésus.

«On va relire les textes bibliques ensemble, dont celui qui parle de l’arrivée de Jésus, les anges, la crèche. On commence comme cela avant d’ouvrir les cadeaux, parce que pour nous, que Jésus soit venu est le plus beau cadeau que Dieu nous ait fait», dit Agnès de Leeuw.

Les enfants auront de petites attentions dans leurs bas de Noël, mais pas de gros cadeaux individuels, parce que la famille a choisi de s’offrir la motoneige usagée.

Ils prendront tout de même beaucoup de temps à découvrir les surprises, tout comme les cadeaux que les enfants s’échangent entre eux, comme des bricolages et des cartes.

 

Voyager en autobus scolaire

La famille de 17 personnes se déplace en autobus scolaire et vit dans une maison comptant cinq chambres, deux salles de bain et une troisième toilette est située dans une salle d’eau.

Avec 15 enfants, les Godfrey ont besoin de posséder quelques véhicules, dont un petit autobus jaune pour voyager en famille. Ce qui ne manque pas d’alimenter les discussions à La Tuque, où ils ont emménagé l’été dernier pour suivre le travail du père.

Ce dernier est pasteur pour l’organisme Renaissance autochtone, qui vise un rapprochement des autochtones vers les croyances évangélistes.

Les Godfrey sont une grande famille unie, où la couleur de peau n’a pas d’importance. Dix des enfants sont adoptés. Ils viennent du Vietnam, du Honduras et d’Ukraine.

«Kamylia n’est pas plus ma sœur que Minha-Belle qui a été adoptée», lance candidement Mikaëla, 14 ans, qui assure que tout le monde est égal.

Les neuf filles d’Agnès et Israël-Luc partagent les trois chambres à l’étage supérieur de la maison, tandis que les six garçons occupent les deux du sous-sol.

Bataille de salle de bain

Les 15 enfants de 7 à 17 ans et les deux parents ont un bain, une douche et trois toilettes à se partager.

Il y a toutefois une fille en moins depuis septembre dans la maison, car la plus âgée a quitté le nid pour aller étudier en travail social au cégep.

Les parents ont isolé une partie du grand salon avec un paravent pour mettre leur lit au rez-de-chaussée, faute de pièces. Des rénovations sont en cours pour agrandir la maison.

Les enfants Godfrey sont disciplinés. Ils surveillent le tableau de tâches à faire, ce qui permet d’avoir une maison propre et rangée, et de ne pas laisser la vaisselle d’une armée s’empiler.

«Vivre à 17 dans la maison, c’est normal pour eux. Ils savent toutefois qu’ils sont plus nombreux que chez leurs amis», dit la mère de famille.

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