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Accueil et intégration

Une Rimouskoise inquiète du maintien des réfugiés en région

Simon Gamache-Fortin | TVA Nouvelles

Une Rimouskoise impliquée dans l'accueil de réfugiés syriens s'inquiète pour leur rétention dans l'Est-du-Québec. Elle craint que les familles arrivées en début d'année ne quittent la région pour aller s'installer dans les grands centres, comme à Montréal. La femme entend bien faire cheminer ses préoccupations jusqu'au gouvernement en début d'année.

Les premiers réfugiés syriens ont fait leur arrivée à Rimouski par parrainage privé en février dernier. Suzanne Monique Tremblay et deux de ses collaborateurs ont fait des démarches pour les accueillir.

Sur ces 11 personnes qui ont débarqué dans la région, la femme d'affaires en héberge quatre gratuitement dans un appartement qu'elle possède. Une des membres de cette famille vient tout juste d'avoir un bébé. «Si on a la possibilité de le faire, pourquoi on ne le fait pas? Ça peut changer la vie de quelqu'un!», lance Mme Tremblay. 

Rimouski est devenue la 14e ville d'accueil des personnes réfugiées prises en charge par l'État en janvier dernier. Depuis, des Colombiens, des Congolais et des Guinéens ont été accueillis dans la région. Le ministère de l'Immigration n'a, cependant, pas envoyé d'autres réfugiés syriens, déplore Mme Tremblay.

«Ici dans la région, nous autres, on en a plus. Puis là, je m'inquiète parce que j'ai peur qu'ils retournent à Montréal, dans les grands centres, puis comme d'habitude les régions, on va être desservi comment? Encore, on va être les petits...»

Selon l'organisme Accueil et Intégration Bas-St-Laurent, pour l'heure, 45 réfugiés parrainés par l'État ont été accueillis à Rimouski depuis le mois d'avril. L'objectif du gouvernement est d'en accueillir 120 de janvier 2017 à juillet 2018. La femme d'affaires engagée s'inquiète pour l'atteinte des cibles.

«La vitalité de nos gens en région, bien il faut qu'on mette du sien pour ça. Le gouvernement devrait avoir une ouverture plus grande, on est déjà reconnu comme une ville hôtesse», a dit Suzanne Monique Tremblay.

Une lettre au ministre

La Rimouskoise écrira au ministre de l'Immigration, David Heurtel, pour lui faire part de ses préoccupations. Selon elle, la région a tout à y gagner.

«Il y a plein d'opportunités, particulièrement dans des métiers plus traditionnels que nos gens ont délaissés, puis qu'eux ont un savoir qui est encore très bien implanté [...] Est-ce qu'il faut attendre que les gens aient terminé leur cours de français? Est-ce que si on les met en milieu de travail, on n'améliore pas la compréhension de la langue?», estime Mme Tremblay.

L'apport de l'immigration est important pour la Ville de Rimouski, selon le député péquiste Harold Lebel, qui suit également le dossier de près.

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