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Fermetures

Quel avenir pour les petites municipalités au Québec?

TVA Nouvelles

Saint-Octave-de-l'Avenir, Sainte-Bernadette-de-Pelligrin, Saint-Nil...vous ne trouverez jamais ces municipalités sur une carte.

Il s’agit de quelques-uns des villages du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie que le gouvernement a fermés il y a une quarantaine d'années en évoquant un manque de rentabilité.

«À l'époque, on avait une espèce de vision de société où il fallait produire, consommer, travailler, etc. On jugeait que ces villages étaient trop éloignés des services publics», explique Bruno Jean, professeur émérite en développement régional de l’Université du Québec à Rimouski.

Opérations Dignité

À l'origine, le gouvernement voulait fermer 96 localités et déplacer 64 000 personnes. Toutefois, trois curés ont mené un mouvement de résistance qu'on appellera les Opérations Dignité.

«Les gens se sont pris en main. Il y a eu l'avènement d'une nouvelle conscience régionale, ce qui fait en sorte que l'est du Québec est ce qu'il est aujourd'hui», estime André-Pierre Vignola, coordonnateur au centre de mise en valeur des Opérations Dignité.

Selon les plus récentes données du ministère des Affaires municipales, 725 communautés au Québec ont moins de 2000 habitants. 34 communautés comptent moins de 200 habitants et huit ne franchissent pas la barre du 100.

Les fermetures des années 1960 pourraient-elles donc se répéter? Selon Bruno Jean, tout n’est pas joué.

«En milieu rural, la trajectoire de développement d'une collectivité -en général petite- n'est pas donnée une fois pour toutes. Aucune collectivité n'est condamnée d'avance. Je pense que ce message-là commence à transparaître chez les décideurs publics», analyse le professeur.

«Il y a quand même une qualité de vie extraordinaire dans ces milieux-là. [...] il faut toutefois absolument se concentrer vers des projets de développement qui sont porteurs», conclut André-Pierre Vignola.