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Entrevue

Une année folle pour la nouvelle mairesse Valérie Plante

Sarah Daoust-Braun | Agence QMI 

Dario Ayala / Agence QMI

La nouvelle mairesse de Montréal Valérie Plante a vécu dans les derniers mois un parcours en accéléré – qu’elle qualifie elle-même «d’impressionnant» – pour réussir à accéder aux rênes du pouvoir. Elle revient sur son année folle et sa victoire-surprise aux élections municipales.

«C’est une belle période dans ma vie», a lancé d’entrée de jeu Valérie Plante, qui a accueilli le «24 Heures» dans son bureau lumineux et rempli de livres d'art à l’hôtel de ville.

Confiante, elle avait en tête l’objectif de devenir la prochaine mairesse lorsqu’elle a été choisie chef de Projet Montréal en décembre 2016. «En me lançant dans la course à la direction, le but c’était de gagner, de devenir chef et l’étape d’après c’était de se présenter à la mairie», a indiqué l’anthropologue de formation.

La Montréalaise raconte en rigolant avoir vécu sa campagne électorale en tant que chef de parti comme un véritable «boot camp», une épreuve exigeante qu’elle était toutefois prête à mener. «Au mois d’août, on savait notre calendrier de sorties, nos outils de communication étaient prêts, l’équipe était montée. On savait où on s’en allait», a-t-elle assuré.

Pour en arriver là, Valérie Plante fait ses classes depuis 2013, élue pour la première fois comme conseillère de ville dans l’important arrondissement de Ville-Marie et battant par le fait même Louise Harel. «J’ai eu un apprentissage très rapide », a-t-elle concédé. Son expérience comme chef de l’opposition dans les derniers mois l’a aussi préparée à accéder à la mairie.

Presque inconnue du grand public il y a à peine quelques mois, Valérie Plante a signé un coup d’éclat médiatique en devenant «l’homme de la situation», le slogan phare de sa campagne. «Il fallait avoir cette capacité à regarder la situation, à se voir soi-même, à provoquer et d’être capable d’en rire aussi, a-t-elle expliqué, précisant prendre son rôle de mairesse au sérieux, mais ne désirant surtout pas avoir «la grosse tête».

Très fière de son élection, la mairesse attribue sa victoire à sa campagne claire et organisée, misant entre autres sur le transport en commun et la gestion des chantiers.

L’attitude positive de la femme de 43 ans, et son rire contagieux, ont su aussi charmer les électeurs. «Les gens ont adhéré à ma personnalité, le côté rigoureux et en même temps joyeux», a affirmé celle qui a battu Denis Coderre après un seul mandat – une première depuis 1960.

La première femme à la tête de Montréal «375 ans après Jeanne Mance» attend d’ailleurs avec impatience sa parodie dans l’édition du «Bye Bye» du 31 décembre. «Je serais vraiment contente si c’était Anne Dorval! Je suis une grande fan. Marc Labrèche m’imite aussi très bien [à l’émission «Info, sexe et mensonges»], je le trouve très bon», s'est-elle amusée.

Le style Coderre

À la mairie depuis moins de deux mois, Valérie Plante souhaite s’écarter du style de l’ex-maire Denis Coderre, qui a quitté la vie politique après sa défaite électorale.

«Il y a plein de choses dont j’ignore pourquoi mon prédécesseur ne sentait pas le besoin de les rendre publiques alors que pour moi c’est nécessaire», a expliqué celle qui mise sur la transparence. Elle a décidé de rendre accessibles ses rapports de mission à l’étranger et d’obliger les invités à s’enregistrer à l’hôtel de ville.

Valérie Plante ne ressent pas non plus le besoin de se prononcer à vif sur tous les sujets, même ceux qui ne la touchent pas comme mairesse. «Il faut prendre le temps de peser ses mots», croit cette dernière. Elle tient tout de même à souligner les bons coups de Denis Coderre, comme la création du Bureau de l’inspecteur général et l’ajout d’un symbole autochtone sur le drapeau de la métropole.

«Mobilité, mobilité, mobilité»

Ce sont les mots d’ordre de la mairesse lorsqu’on lui demande ses priorités pour 2018. «On prévoit faire l’appel d’offres pour les [300] autobus hybrides au début de l’année. C’est quelque chose dont j’avais beaucoup parlé en campagne électorale comme l’un des moyens de désengorger nos rues et de soutenir le transport collectif», a-t-elle soutenu.

Cette dernière compte également miser sur l’habitation – elle a promis la création de 12 000 logements sociaux – et le développement économique de la ville.

Ce que la mairesse pense de...

La suspension du règlement anti-pitbull:

«On garde l’essentiel qui est le règlement sur les chiens dangereux. On enlève le bout où on cible les pitbulls. Les études et les modèles à travers le monde nous ont démontré que ça ne sert à rien de cibler un type de chien en particulier.»

L’annulation de la Formule E:

«C’était nécessaire. Ça dépend de comment Montréal c’est électrique et la Formule E vont s’entendre. Malgré tout, en faisant quelques scénarios financiers, il demeurait que ça coûtait moins cher d’annuler la course plutôt que de la reconduire en 2018 et 2019. [...] Si ça n’avait pas nécessité l’argent des Montréalais, les gens auraient été fâchés pour certaines choses, mais n’auraient pas été profondément choqués.»

La volonté de bannir les calèches:

«C’est une petite industrie privée de 25 calèches. On veut faire ça tranquillement. On considère que les bêtes et les chevaux ne devraient pas circuler dans les embouteillages, on trouve que c’est une industrie qui est dépassée.»

Le remplacement de Philippe Pichet au SPVM:

«C’est dans nos plans, on se donne une année pour trouver le directeur ou la directrice par intérim.»

Le déménagement de Molson:

«Ce n’est pas un échec. [...] On va travailler ensemble [avec la famille Molson] pour développer le site actuel qui est magnifique sur le bord du fleuve. Il faut changer cette décision-là en opportunité et c’est ce qu’on va faire.»

La ligne rose dans le métro:

«L’important pour moi, c’est qu’on documente davantage avec nos partenaires, la STM et l’ARTM, pour pouvoir après aller tout de suite dans la liste des projets possibles que le fédéral pourrait financer. Il y a de l’argent disponible, mais on n’est pas les seuls au Canada qu’ils veulent financer des projets de transport collectif.»

Le réaménagement de la rue Sainte-Catherine:

«On est en train de mettre les morceaux en place, il y a des décisions qui devraient être prises. On a hâte de commencer tout cela. [...] On va être bientôt capables de faire une proposition, tout en n’oubliant pas le travail qui a été fait avant en consultations.»

Yves Francoeur qui refuse de s'excuser pour ses allégations non fondées:

«Je fais confiance au processus, qui a été fait en bonne et due forme. Là-dessus, je m’explique mal comment M. Francoeur ne se plie pas et n’accepte pas les recommandations du rapport. Il fait ce qu’il veut, mais pour moi, c’est sûr que le processus a été fait en bonne et due forme. [...] C’est le SPVM qui doit décider des sanctions qui doivent être faites envers son personnel, ses agents.»

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