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Passage à 2018

De nombreux Québécois seront au boulot pour le Nouvel An

Axel Marchand-Lamothe | Agence QMI

AXEL MARCHAND-LAMOTHE/JOURNAL DE MONTRÉAL

Si des millions de Québécois célébreront l’arrivée de la nouvelle année en famille ou entre amis, ils seront aussi des milliers au boulot pour assurer le bien-être et la sécurité de leurs concitoyens.

«Le Journal de Montréal» a rencontré quelques travailleurs qui seront à leur poste demain.

Pierre Rivard, policier

Depuis 23 ans, il a vécu plusieurs fêtes loin de ses proches.

«On aimerait être avec nos familles, mais on doit assurer la sécurité des citoyens avant tout. C’est un choix de vie», affirme le sergent de la Sûreté du Québec en Mauricie.

Il prendra quelques minutes pour appeler sa femme et ses enfants durant la nuit, mais le devoir restera au centre des priorités.

«Les émotions sont décuplées, ça demande plus d’empathie pour intervenir. Par contre, les gens sont aussi généreux avec nous, on apprécie cela», indique cet ancien instructeur à l’École nationale de police.

Sylvain Durocher, pompier

Le capitaine passera le réveillon du Nouvel An avec une dizaine de pompiers dans une caserne de Repentigny.

«Je trouve que le minuit de la nouvelle année frappe plus que Noël, bizarrement. Peut-être parce que c’est plus festif», note celui qui compte 21 ans de service.

«On souhaite toujours qu’il n’y ait pas d’intervention à ce temps-ci de l’année. On dirait que ça nous affecte davantage», relate-t-il.

Yinh Ly Truong, infirmière

Infirmière à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal, elle donnera des soins à des personnes âgées en perte d’autonomie et en fin de vie.

« L’amour et les petits gestes que l’on apporte font la différence pour nos résidents», confie celle qui avait notamment préparé de petites gâteries à Noël.

La femme est présente pour les aînés depuis 19 ans.

«C’est important de fêter en famille, mais nous faisons aussi partie de leur famille [aux patients]. C’est nécessaire pour eux aussi. Le sourire est essentiel, c’est ce qui réconforte le plus», poursuit-elle.

Jean-Christophe Ferland, paramédic

Il entame sa huitième année dans la région de Lanaudière. Chaque année, M. Ferland est sur la route pour répondre aux urgences durant le temps des Fêtes.

«Ce n’est pas nécessairement plus difficile, mais il faut laisser les enfants et la famille de côté. On se dit toujours que c’est pour une bonne cause», confie-t-il.

Détresse psychologique, accidents de la route, malaise cardiaque. Les appels sont à la fois similaires et imprévisibles, mais M. Ferland souhaiterait commencer l’année en beauté.

«Ça serait bien le fun un accouchement, peut-être le premier bébé de l’année!», blague-t-il.

Roselisse Richard, infirmière

Elle travaille au pavillon Côte-des-Neiges depuis 26 ans. Plusieurs résidents à sa charge n’ont plus de famille.

Tenir la main de quelqu’un ou apporter un biscuit à un autre sont des gestes qui vont au-delà des soins généraux qu’elle prodigue.

«Ce sont les petites attentions qui font que la solitude se brise. Ça n’a pas de prix», mentionne-t-elle.

Malgré la charge émotive de son métier, Mme Richard souhaitait être auprès d’eux.

«C’est une joie de partager ces moments intimes avec les patients. Ça vient me chercher. On se sent utile. C’est très gratifiant», conclut-elle.

Pierre Nadeau, éducateur spécialisé

L’employé du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Est-de-l’île-de-Montréal fera comme à l’habitude sa tournée de supervision de prise de médicaments auprès de gens atteints de troubles de santé mentale.

«Nous sommes une grosse pièce de leur réseau social. On fait partie de leur famille, de leur quotidien», expose celui qui a 38 ans d’expérience dans le domaine.

Sur la vingtaine de personnes qu’il rencontrera, plusieurs auront profité des festivités du Nouvel An. Mais la présence de l’intervenant reste importante.

«C’est un contact humain et on reçoit beaucoup de reconnaissance pour cela. C’est très gratifiant pour nous», confie-t-il.

Jason Barlow, chauffeur d’autobus

Le chauffeur de la Société de transport de Montréal raccompagnera les fêtards à bon port dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier.

«L’ambiance est bonne. Les gens sont contents que nous soyons là. On a l’impression de faire partie de la fête», raconte celui qui défoncera l’année pour une deuxième fois avec la STM.

L’ancien DJ soutient qu’il a l’habitude d’être en poste au Nouvel An.

«C’est un petit sacrifice, mais on est proche de nos collègues de travail aussi», dit-il en soulignant qu’ils prendront certainement le temps de célébrer au garage.