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Système de dons d'organe

6 vies sauvées grâce aux dons croisés

Valérie Chouinard | TVA Nouvelles

Connaissez-vous le système de dons croisés? C'est un système mis en place à travers des hôpitaux du pays pour favoriser les dons d'organe.

Un couple de Chicoutimi a croisé avec d'autres couples canadiens, ce qui a permis de sauver en tout la vie de six personnes, notamment celle de Michelle Brassard.

 «Je remercie la vie, je remercie Carl de m’avoir fait ce beau cadeau de Noël», a partagé la femme de 59 ans, émotive en s’adressant à son conjoint depuis 13 ans.

Sa vie a basculé en janvier 2016. «Il m'est arrivé comme un coup de fièvre et le lendemain, j'étais dans le coma. J’ai été dix jours dans le coma (...) Les médecins me donnaient peu de chance de m’en sortir.»

Elle a dû être hospitalisée trois mois avant de s’en remettre. Ses reins sont les seuls organes qui ne s’en sont jamais remis. Une greffe était la seule solution.

«Moi j'étais prêt à lui donner un rein! Au début elle a refusé, mais elle a finalement accepté», a confié l’homme qui partage sa vie, Carl Lachance.

«Dès le début, ils nous ont dit "bon, vous n'êtes pas compatibles". Ç'a été un autre deuil à faire. Puis, ils nous ont expliqué qu'on pouvait aller par un système de dons croisés», a poursuivi la dame, en repos quelques semaines dans la région de Québec.

Ils ont été sélectionnés par le système en juin dernier. Douze personnes ont été impliquées dans cet échange de reins: six donneurs et six receveurs. Les opérations se sont déroulées simultanément au pays, en novembre dernier.

«Donc, j'ai donné à un inconnu qui vit aujourd’hui au Manitoba, avec mon rein!» a expliqué M. Lachance.

C’est un geste inestimable pour Mme Brassard. «C'est Carl qui me l’a donné. Même si je n'ai pas son rein, c'est grâce à lui que j'ai réussi à retrouver ma liberté, et que je vais mieux.»

En date du 31 décembre 2016, 841 Québécois étaient sur la liste d’attente pour recevoir un organe et de ce nombre, 70% espéraient recevoir un rein, des gens qui devront attendre en moyenne deux ans avant d’obtenir l’opération.

«C'est le seul organe qu'on peut donner de son vivant. C’est avantageux un don d'organe vivant pour un receveur, puisque le rein va durer plus longtemps. Ça va donner une meilleure qualité de vie», a expliqué la docteure Annie-Claude Blouin, urologue au CHU de Québec. C’est également elle qui a opéré Michelle Brassard.

Le couple s'est maintenant donné comme mission de faire connaître les dons d'organes. «Signer sa carte, oui, c’est important, mais c'est important aussi de le dire à sa famille!»

Jamais Carl Lachance n’a regretté sa décision. «J'ai trouvé que c’était la plus belle chose que je pouvais faire dans ma vie donner un rein.»

À la fin du mois de mars 2015, le programme DVEB (don vivant par échange de bénéficiaire) avait facilité 339 transplantations rénales à l’échelle du Canada.

Le programme existe depuis 2009 au pays. La province de Québec a confirmé sa participation au registre en 2010.